Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /Fév /2008 01:41

L'objet trouvé (louqata)

Extrait de "1000 Questions-Réponses sur les Pratiques Religieuses en Islam"

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1. Quel est sa définition ?
C'est un bien qu'on trouve alors qu'il n'y a rien pour le préserver dignement, lequel bien n'est ni un être vivant qui s'exprime ni du bétail pouvant se défendre.


2. À quoi se réfère-t-il légalement ?
Le hadith de Zeyd ben Khâled al-Jouhani qui a relaté : 

" Un homme vint trouver le Messager de Dieu (salallahu 'alaihi wa salam) et l'interrogea sur l'objet trouvé. Il lui répondit :
" Examine son contenant et son attache, puis avise de la chose pendant un an. Si son propriétaire vient, remets-lui, sinon, tu pourras en disposer.
- Que dis-tu du mouton ou de la chèvre (" de l'oviné ") égarés ?
- Prends-le ! car il sera à toi, à ton frère ou au loup, dit le Prophète.
- Et le chameau égaré ? demanda l'homme.
- Laisse-le ! Il a avec lui ses pieds et sa réserve d'eau. Il se rend aux points d'eau et se nourrit des arbres. Cela, jusqu'à ce que son propriétaire le trouve. "
(Rapporté par al-Boukhâri).

3. Quel est son caractère légal ?
En principe, il est seulement permis de le prendre, mais cela peut être obligatoire si l'on craint la perte de l'objet ou le fait qu'il tombe en des mains non sûres. Cela peut de même être interdit, tel l'objet trouvé dans le Territoire sacré (de la Mecque et de Médine), tel aussi le chameau. Cela peut enfin être de caractère recommandé, si l'on ne craint pas sa perte ou son égarement, mais qu'il a besoin d'être gardé.

4. Qu'en est-il de l'objet trouvé qui a de la valeur et de I 'importance ?
Lorsqu'on peut en aviser les gens, il convient pour celui qui l'a trouvé de le prendre avec l'intention de le conserver pour son propriétaire.

5. Qu'en est-il de la chose sans grande valeur ni importance ?
Ce qui n'a pas de valeur, telles la canne ou la cravache, devient propriété de celui qui le trouve sans qu'il ait à en aviser les gens. Ainsi, il lui est permis d'en faire usage.

6. À quoi se réfêre la règle précédente?
Ce qu'a relaté Jâber qui a dit : " Le Messager de Dieu a donné la permission à celui qui le trouve de faire usage de la canne, de la cravache, de la corde trouvées."  (Rapporté par Ahmad et Abou Daoud).

7. L'objet trouvé est annoncé pendant un an. Quelle source l'indique ?
Cela se réfère à la réponse du Prophète (salallahu 'alaihi wa salam) et à celui qui l'interrogea sur l'objet trouvé :
" Examines son contenant et son attache, puis avises de la chose pendant un an... " (Rapporté par al-Boukhâri et Mouslim).

8. Qu'en est-il lorsqu'une année s'écoule sans que personne ne vienne réclamer l'objet ?
L'inventeur a alors le choix entre :
 
 le fait de délaisser la chose en la conservant simplement comme dépôt, n'étant pas de ce fait responsable en cas de perte ;
• la donner en aumône, à condition d'en rester garant. Ainsi, si le propriétaire se manifeste et agrée l'aumône, l'inventeur en sera déchargé. S'il ne l'agrée pas, l'inventeur sera tenu de la restitution de sa valeur.
• en devenir propriétaire. L'objet reste alors une dette à sa charge qu'il devra éventuellement restituer au propriétaire. 
 
Le fait d'en devenir propriétaire a cependant un caractère non-souhaitable.

9. Quel caractère a le fait, pour celui qui trouve l'objet trouvé, de le reposer au lieu de sa découverte, après l'avoir pris?
S'il l'avait ramassé avec l'intention de le prendre et de le conserver pour son propriétaire, il en restera garant s'il le repose. S'il ne l'avait pas ramassé dans l'intention de le prendre, mais seulement pour vérification, alors qu'il réfléchissait sur l'opportunité de le prendre ou pas, il n'en sera pas tenu responsable.

10. Quelle est la règle lorsque la personne qui réclame l'objet décrit bien son contenant (et son contenu) ainsi que son attache ?
On remet l'objet trouvé
à qui décrit bien son contenant et son attache et on ne doit pas le charger de fournir une preuve, en référence au hadith :
"... Si son propriétaire vient et décrit bien son contenant et son attache, remets-le lui, ... "

11. Quelle règle suivre pour le chameau égaré ?
Le chameau égaré ne doit pas être pris, mais délaissé, en référence au hadith cité précédemment.

12. Quelle est la règle concernant le mouton ou la chèvre égarés ?
Si la bête égarée se trouve près d'un village ou d'un lieu similaire, son inventeur la rattachera à ces lieux. S'il la trouve dans un lieu désert où il peut craindre pour elle le loup ou un autre péril, il pourra soit la délaisser, soit s'en nourrir, sans en être tenu responsable, conformément au hadith cité précédemment.
Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Jurisprudence islamique (Fiqh)
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