Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 19:16

LES SECRETS DE LA ZAKÂT

 

Selon Abou Hamid al Ghazali dans son Ihiya 'Ulum ad Din


Lorsque le nécessiteux implore Dieu, il frappe à la porte de la générosité Divine.


Sache que lorsque le nécessiteux a besoin de quelque chose et qu'il implore pour cela Dieu par sa langue, et son état, son imploration frappe alors à la porte de la Générosité Divine. Il arrive aussi que l'intérêt implique que le coeur d'un homme pieux soit inspiré pour amener à satisfaire le besoin de ce nécessiteux. En effet lorsque l'inspiration l'envahit et devient exigeante, Dieu lui accorde la réussite et lui accorde ses bénédictions qui lui viennent de partout par au-dessus, par au-dessous par sa droite et par sa gauche et il bénéficie de la miséricorde.


Un jour, un nécessiteux m'a demandé quelque chose dont il avait besoin. J'ai ressenti alors dans mon coeur une inspiration qui m'ordonne de donner et m'annonce une grande rétribution dans le bas monde et dans la vie future. J'ai donc donné et j'ai constaté réellement ce que mon Seigneur m'avait promis. J'ai pu ainsi contempler ce nécessiteux frappant à la porte de la générosité, le surgissement de l'inspiration et l'élection de mon coeur, ce jour là ainsi que la manifestation de la récompense.


Il arrive que la dépense, en faisant l'aumône, soit faite pour espérer la miséricorde de Dieu comme par exemple à la suite d'une exigence formulée dans le plérome céleste (al mala'u al a`lâ) pour louer une confession. Ainsi celui qui s'expose à la réalisation de cette exigence devient un bénéficiaire de la miséricorde divine. Sa réalisation de cette exigence sera alors du même ordre que la participation aux dépenses pour la Ghawat al 'Usra (Expédition des jours difficiles à l'époque du Prophète - que Dieu lui accorde la Grâce et la Paix -) ou à une époque de grande famine lorsque les membres d'une communauté donnée auront besoin plus que toutes les autres créatures de Dieu, car il s'agit de leur permettre de survivre. En un mot, le rapporteur véridique tire toutes les conséquences de cette exigences et dit « Pour celui qui fait l'aumône en donnant à tel pauvre dans cette situation, son oeuvre sera agréée ». Puis quelqu'un l'entend et suit son jugement grâce au témoignage de son coeur et il verra que ce qu'il a promis était vrai.


Dépenser pour Dieu est la chose la plus utile


Il arrive que l'âme réalise que l'amour des biens et l'avarice nuisent au serviteur et l'empêchent de poursuivre la voie dans laquelle il s'engage. Cela le gène énormément et il ne s'en débarrasse qu'en s'exerçant à donner des biens auxquels il s'attache le plus. Dans ce cas, faire l'aumône, devient pour lui la chose la plus bénéfique. Car sans les dépenses faites dans l'aumône, l'attachement et l'avarice resteraient ce qu'ils étaient. En effet, les biens, non dépensés prendront dans l'autre monde, la forme d'un gros serpent vénéneux et se montreront très menaçant contre leurs propriétaires qui ne s'acquittent pas de l'aumône exigible pour ses troupeaux « Il sera étendu sur un terrain plat pour que son troupeau l'écrase ». Ceci est également attesté par la Parole de Dieu, qu'Il soit exalté : « Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent l'or et /argent sans rien dépenser dans le chemin de Dieu » (Coran, 9/34).


En liquidant ses biens, le croyant efface sa propre perte.


Il arrive que le serviteur soit coincé et condamné à sa perte dans le monde suprasensible. Mais il se lance dans la dépense effrénée de ses biens en faveur des pauvres et implore Dieu en compagnie des gens qui bénéficient de la miséricorde divine. Il parvient ainsi à effacer sa propre perte en liquidant ses biens. Voilà le sens de la parole du Prophète -que Dieu lui accorde la grâce et la paix - : « Seul l'imploration repousse l'arrêt divin. Seul le bien allonge le terme de la vie ».


Il arrive aussi à l'homme de perdre le contrôle et de commettre un méfait sous l'impulsion de sa nature, puis voir son forfait et de le regretter, puis de retomber sous le joug de sa nature et de récidiver. Pour soigner une telle âme, la sagesse implique qu'on oblige le serviteur à donner en aumône beaucoup de ses biens comme amendes pour ce qu'il acommis afin que cela demeure présent devant ses yeux et l'empêche de récidiver.


L'aumône accroît les bénédictions et éteint la Colère de Dieu.


Le bon caractère et la préservation des biens pour sauvegarder l'ordre social consistent à offrir la nourriture, à répandre la paix et à participer à toutes sortes d'oeuvres de bienfaisance qu'on recommande au serviteur par ce qu'elles relèvent de l'aumône. C'est dire que l'aumône légale (zakât) fructifie les biens, éteint la colère divine, en rapportant les effluves de la miséricorde, repousse le châtiment de la vie future occasionnée par l'avarice et amène le plérome céleste à inspirer les hommes pieux sur terre pour faire des invocations en faveur d'un tel serviteur.

Et Dieu est plus savant.

 

(source: Les secrets des 5 pilliers de l'Islam aux editions Iqra)

 

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Jurisprudence islamique (Fiqh)
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