La Sunnah (Sirah,Hadith...)

Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 20:06

La Réalité de l’Adoration



Par l’Imam ‘Abdallah Sirajjuddinn al-Hussayni


Extrait de « Notre Maitre Muhammad, le Messager d’Allah. Volume 2 : son Caractère Sublime et ses Attributs Eminents. »



L’Adoration signifie se rapprocher d’Allah subhnahu avec une soumission complète et avec humilité devant Lui, par le moyen de ces mots et actes qu’Il a établi pour Ses serviteurs, qu’il s’agisse d’actes du cœur, du corps, ou d’états spirituels. L’adoration a une douceur et un délice, et quand une personne goute sa suavité et expérimente sa délectation, il s’y attache, et se languit d’elle à tel point qu’il ne se permet pas de s’en séparer, car elle devient sa source de tranquillité et d’apaisement.

Le plus éminent de ceux qui ont gouté à la douceur de l’adoration, expérimenté ses délices, et qui a porté témoignage de ses trésors et de ses illuminations était notre Maitre Muhammad salallahu ‘alaihi wa salam ; le chef de file des dévots, le maitre des vertueux, le plus pieux des premiers et des derniers comme l’atteste la parole d’Allah : « (Dis:) Certes mon Ami Protecteur est Dieu qui a fait descendre le Livre (le Coran). Et Il est l’Ami des vertueux. » [Qur’an 4 :196]

Par ceci, Allah nous informe qu’Il prend Ses serviteurs en amitié (et sous sa protection) en fonction de leur droiture, et qu’Il a choisi comme ami Son Bien Aimé salallahu ‘alaihi wa salam d’une manière qu’Il n’a accordé à nul autre, comme l’indique Sa parole : « Mon Ami Protecteur est Dieu ». C'est-à-dire : « Mon Ami Protecteur, Celui qui se charge de mes affaires dans une façon qui est propre à moi, est Allah. » L’amitié Divine est à la mesure de la droiture, comme l’indique la fin du verset, ce qui indique qu’il a atteint une station de droiture unique, qui ne peut être atteinte par nul autre. C’est pourquoi le Prophète salalllahu ‘alaihi wa salam a la plus complète expérience de la douceur de l’adoration, et il en a tiré la plus grande tranquillité et les plus grands délices.

Il a été rapporté dans le Musnad et ailleurs que le Prophète salallahu ‘alaihi wa salam a dit : « Lève toi, ô Bilal, et donne nous la tranquillité par la prière ! » [car il faisait l’appel à la prière pour le Prophète salallahu ‘alihi wa salam]. Il a également été rapporté dans le Musnad ainsi qu’ailleurs que le Prophète salallahu ‘alaihi wa salam disait : « La fraicheur de mes yeux a été placée dans la prière. »

Ceux qui suivirent notre Maitre Muhammad salallahu ‘alaihi wa salam avaient également été dotés d’une part de douceur dans l’adoration, et des délices de la dévotion, en fonction de leurs rangs spirituels. Il a été rapporté que le grand Shaykh et Connaissant, Ibrahim ibn Adham, a dit : « Si les rois savaient la douceur que nous avons trouvéy, ils se battraient avec nous par l’épée pour l’obtenir. » Un autre Shaykh et Connaissant, Abu Sulayman al-Darani, a dit : « Les gens de la dévotion nocturne puisent plus de délectation de leur dévotion que les gens des plaisirs insouciants tirent de leurs jeux. Et n’était-ce la douceur de l’adoration, je ne désirerais plus subsister en ce monde. » Un autre des Saints a dit : « Si les habitants du Paradis sont bénis de ce que nous possédons aujourd’hui, ils auront alors une bien belle existence ! » C’est pour cela que les habitants du Paradis adoreront Allah de leur propre initiative, sans qu’il y ai nul besoin que cela ne leur soit commandé, et qu’ils adoreront Allah au Paradis plus encore qu’ils ne L’ont adoré en ce monde.

Bukhari et Muslim rapportent dans leurs Sahih, selon Abu Hurayra radhiAllahu ‘anhu qu’Allah Subhanahu dit aux Anges qui parcourent les rues à la recherche des gens qui se rappellent de Lui : « Que font Mes serviteurs ? » « Ils Te glorifient et Te magnifient, Te louent et T’exaltent » répondent les Anges. Il répond, Subhanahu : « M’ont-ils vu ? » « Non par Allah, ô Seigneur, ils ne T’ont pas vu. » Il dit encore : « Et que feraient ils s’ils M’avaient vu ? » « S’Ils t’avaient vu, ils T’adoreraient encore plus, T’exalteraient encore plus, Te magnifieraient encore plus… »

Les résidents du Paradis adoreront donc encore plus qu’ils ne l’ont fait sur terre car ils contempleront leur Seigneur, Exalté soit Il, et leur adoration sera volontaire et libre de toute difficulté. Ce sera leur source de tranquillité et de délices. Muslim raconte dans son Sahih, selon Jabir, que le Prophète salallahu ‘alaihi wa salam a dit au sujet des habitants du Paradis : « On leur insufflera des mots de glorification, de louange et de dévotion, de la même façon qu’il vous est à tous insufflé de respirer. »

Les actes d’adoration laissent une trace sur l’âme de l’adorateur : ils la nettoient de l’étourderie et de la frivolité, de la prétention et de l’égotisme, jusqu’à ce que l’âme de l’adorateur soit purifiée, et qu’il entre dans le service du Souverain de la Puissance. Quand Rabi’a ibn Ka’b al-Aslami a demandé à avoir la compagnie du Prophète salallahu ‘alaihi wa salam au Paradis, il lui a répondu : « En ce cas, assiste-moi pour ton propre bien en faisant beaucoup de prosternations. »

Les actes d’adoration apposent sur le cœur et l’esprit de l’adorateur, ainsi que tous ses sens le cachet de la lumière Divine ; et ce jusqu’à ce que même son visage en soit illuminé. Allah Subhanahu a dit : « Nous suivons la religion [lit : le cachet] de Dieu ! Et qui est meilleur que Dieu en Sa religion ? C'est Lui que nous adorons » [2 :138]. En d’autres termes : « attache toi à la voie marquée du cachet d’Allah, car Il te cachètera d’une lumière éclatante et il n’y a pas de meilleur sceau que celui là ; et le moyen d’y arriver est de s’attacher à l’adoration de ton Seigneur de la façon qu’Il a établit pour toi. » Le Prophète salallahu ‘alaihi wa salam a dit : « La prière est lumière, la patience est illumination. »

L’adoration purifie le cœur, le nettoie, et l’illumine, jusqu’à ce que les lumières du Vrai se manifestent en son sein. Allah subhanahu a dit : « Allah est la lumière des cieux et de la terre. La semblance de Sa lumière est celle d’une niche… » [24 :35]

C'est-à-dire que la semblance de Sa lumière dans le cœur de Ses serviteurs croyants est celle d’une niche dans laquelle se tient une lampe illuminée de lumière. La niche renvoi à la poitrine, et la lampe au cœur du croyant, resplendissant de la lumière de la foi en Dieu. L’un des Connaissant a dit :

Quand le bassin reste limpide
                Et immobile au souffle de la brise
Le ciel apparait clairement dedans
                Ainsi que le soleil et les étoiles ;
Tout comme les cœurs des gens de pureté
                Dans leur clarté, Allah peut être contemplé.

Tout ceci est un exemple de manifestation Divine (théophanie), et le reflet de la lumière divine sur les cœurs n’est nullement une forme de panthéisme ou d’incarnation, Allah est bien exalté au-delà d’une telle chose.

Les actes d’adoration rapprochent le serviteur du Seigneur des seigneurs. Allah Exalté a dit : « Prosterne toi et rapproche toi » [96 :19], et dans un hadith qudsi, le Prophète salallahu ‘alaihi wa salam rapporte que son Seigneur a dit : « Mon serviteur continue de se rapprocher de Moi par des actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. »

Ce n’est pas ici le lieu pour entrer en détail dans les effets et les secrets de l’adoration. Nous n’avons fait que mentionner quelques notions, pour quiconque le veuille puisse méditer à leur sujet, et réaliser que l’adoration a un grand impact sur l’adorateur, et contient un grand secret, guide vers une illumination éclatante, à un degré élevé, à la proximité d’Allah, et à Son Amour.

Qu’imagine-tu donc, ô lecteur intelligent, des effets de l’adoration qui fut offerte par le Maitre des adorateurs et des dévots, le chef des Prophètes et des Messagers salallahu ‘alaihi wa salam ? Qu’estimes tu que la force des illuminations de son adoration puisse être ? Ses lumières, ses trésors, sa proximité et son intimité auprès d’Allah ? En réalite, nul ne le sait si ce n’est Allah Exalté et Purifié, qui élevé Son Prophète salallahu ‘alaihi wa salam au dessus des autres élus.


Source: marifah.net

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...) - Communauté : Monde musulman
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 23:05

Le Pardon d'Allah

 

 



Rapporté par Abû 'Aïssa Ettermidhi dans son Djâmi', chapitre sur le mérite du repentir et de la demande de pardon.'Anas Ibn Mâlik, rapporte ceci:

J'ai entendu le Messager d'Allah dire: «Allah a dit: «Ô fils d'Adam! Si tu M'invoques et que tu mets ton espoir en Moi, Je te pardonnerai tout ce que tu as fais, sans faire de cas! Ô fils d'Adam! Si tes péchés atteignent le niveau du ciel, puis si tu sollicites Mon pardon, Je te pardonnerai, sans faire de cas! Ô fils d'Adam! Si tu viens à Moi avec des péchés à la mesure de ce que contient la terre, puis que tu Me rencontres sans M'associer quiconque, Je t'apporterai son équivalent en pardon!

Ettermidhî a dit à son sujet: « C'est un hadith bon et singulier (hassan gharib)».


Commentaire de ibn Hajar al Asqalani:

Le sens de ce hadith est qu'Allah dit au fils d'Adam: « Ô fils d'Adam, tant que tu M'invoques pour que Je te pardonne tes péchés, que Tu espères de Moi l'exaucement de tes invocations — en te repentant de tes péchés, en invoquant Allah le pardon de tes péchés, en espérant de Lui l'acceptation de ton repentir et en ayant une bonne pensée de ton Seigneur qui pardonne les péchés des repentants, comme II leur a promis cela — Allah te pardonnera tous tes péchés, en dépit de la négligence et de l'oubli, dont tu as fait preuve au moment de tes péchés. Et Je ne fais aucun cas de ceux qui Me disent: « Pourquoi as-Tu pardonné à untel? Car personne ne Me demande des comptes sur ce que Je fais».

Le Très Haut a dit: «Nul ne l'interroge sur ce qu'il fait, mais les hommes seront interrogés». (Coran, 21, 23).

 

« Or, J'ai dis dans Mon Livre saint: «,les bonnes actions font disparaître les mauvaises». (Coran, 11, 114). Et toi tu as commis des péchés puis tu es revenu vers Moi en Me demandant pardon. Or, le retour vers Moi et la demande de Mon pardon sont parmi les meilleures des oeuvres, et elles effacent les mauvaises actions ».

Le Messager d'Allah a dit: « Fais suivre la mauvaise action par une bonne adion qui l'effacera».

« Ô fils d'Adam, si tes péchés atteignent les parties du ciel, que ce soit la hauteur, l'immensité ou l'abondance, et qu'ils remplissent le vide qu'il y a entre le ciel et la terre, puis si tu Me demandes pardon, que tu regrettes tes actes passés et que tu t'en repens, Je te les pardonnerai, et Je ne fais aucun cas de celui à qui cela ne plaît pas, car Je fais ce que Je veux et ce que Je décide. J'ai promis d'ailleurs cela, par faveur et miséricorde de Moi, et Je tiens toujours Mes promesses».

« Ô fils d'Adam, si Tu viens à Moi en apportant avec toi des péchés à la mesure de la terre, et s'il y a avec toi l'unicité (le Tawhid) — que tu ne m'associes personne —Je t'apporterai son équivalent en pardon afin que se dissipent tes péchés devant Mon pardon sur la balance, et tu n'auras aucun péché qui nécessitera ton châtiment».

Il y a dans ce hadith une espérance énorme et une bonne nouvelle pour les repentants, ainsi qu'une incitation pour eux de se hâter de se repentir, d'avoir un bon espoir et de s'attacher à l'unicité d'Allah.

Il est préférable pour le croyant de donner la préférence à la crainte révérencielle sur l'espérance, dans sa jeunesse et sa bonne santé, et de la donner à l'espérance, dans sa vieillesse et sa maladie, et Allah est plus savant.

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 11:16
Sur l'obligation d'aimer le Messager d'Allah
Par al Qadhi 'Iyyad dans le Kitab ach Chifa'



Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:

Dis: Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses, votre clan, les biens que vous avez acquis, un négoce dont vous craignez le déclin, des demeures où vous vous plaisez, vous sont plus chers que Dieu et Son prophète et la lutte dans le chemin de Dieu: Attendez-vous à ce que Dieu vienne avec Son ordre ! Dieu ne guide pas les gens pervers. (Coran IX-24)

Ceci suffit comme incitation, signification et illustration du caractère obligatoire de cet amour, de sa gravité même et de son caractère méritoire en faveur du Prophète (saws).

En effet, Dieu —qu'Il soit exalté— a blâmé tous ceux dont les biens, les femmes et les enfants leur sont plus chers que Dieu et Son prophète et les a menacés en disant: 

Attendez-vous à ce que Dieu vienne avec Son ordre. Puis Il a clos le verset en les qualifiant de pervers et en leur annonçant qu'ils feront partie des égarés.

Le traditionniste Abû 'Ali al-Ghassanî nous a rapporté d'après Anas que l'Envoyé de Dieu (saws) a dit: "Aucun de vous ne croira vraiment tant que je ne serai pas plus cher à ses yeux que ses enfants, son père et tous les hommes."

Et Abû Hurayra a rapporté une version semblable.

Le même Anas rapporte aussi que le Prophète (saws) a dit: "Il y a trois choses dont la possession apporte au croyant la douceur de la foi: C'est que Dieu et son Messager lui soient plus chers que tous les autres, qu'il n'aime un individu que pour Dieu et pour nulle autre raison et que le fait de retourner à l'impiété lui soit plus répugnant que d'être jeté dans le Feu."

`Umar Ibn al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit au Prophète (saws): "Tu m'es plus cher que tout, sauf mon âme à l'intérieur de mes côtes ! Le Prophète  (saws) lui dit alors: "Aucun de vous ne croira vraiment tant que je ne serai pas plus cher pour lui que sa propre âme." 'Umar conclut: "Par celui qui a fait descendre Le Livre sur toi ! Tu m'es plus cher que mon âme qui est entre mes côtes !" Le Prophète (saws) conclut: "Maintenant tu dis vrai `Umar !"

Dans le même sens, Sahl a dit: Celui qui ne voit pas qu'il est sous l'autorité de l'Envoyé de Dieu quels que soient son état et sa situation, ne goûte pas la douceur de sa Sunna, car le Prophète (saws) a dit: "Aucun de vous ne croira vraiment, tant que je ne serai pas plus cher pour lui que sa propre âme."



PREMIÈRE SECTION
Sur la récompense qu'apporte son Amour


Abû Mohammed Ibn `Attab nous a rapporté (au cours de nos répétitions devant lui), d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Anas: "Un homme est venu voir le Prophètes pour lui demander: quand sonnera l'Heure Finale, Ô Envoyé de Dieu? Il lui dit: Qu'as-tu préparé pour elle? L'homme répondit: Je n'ai préparé ni beaucoup de prière, ni de jeûne ni d'aumône, mais j'aime Dieu et Son Messager. Il lui dit alors: Tu seras avec celui que tu aimes."

De même, Safwân rapporte ceci: "J'ai émigré vers le Prophète

(saws) . En arrivant auprès de lui, je lui ai dit: Ô Envoyé de Dieu ! Donne-moi ta main pour te prêter allégeance. Il me donna sa main. J'ai dit alors: Ô Envoyé de Dieu ! Je t'aime. Il m'a dit: L'individu est avec celui qu'il aime."

Cette version a également été rapportée par `Abdullâh Ibn Mas`ûd, Abû Mûssâ, Anas et Abû Dharr.

`Ali rapporte que le Prophète
(saws) a pris la main de ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein et a dit: "Celui qui m'aime et qui aime ces deux-là ainsi que leur père et leur mère sera avec moi, au même degré, au Jour de la Résurrection."

On rapporte également qu'un homme est venu voir le Prophète
(saws) et lui a dit: "Ô Envoyé de Dieu ! Tu m'es plus cher que ma famille et mes biens. Je pense à toi et je n'ai plus de patience jusqu'à ce que je vienne te voir. Je me suis rappelé aussi ma mort et la tienne, et j'ai su que lorsque tu entreras au Paradis, tu seras dans une station élevée avec les prophètes et que si j'entre au Paradis, je ne te verrais pas. Dieu —qu'Il soit exalté—révéla alors le verset suivant:

Ceux qui obéissent à Dieu et au Prophète sont au nombre de ceux que Dieu a comblés de bienfaits avec les prophètes, les justes, les témoins et les saints: Voilà une belle assemblée ! (Coran IV-69)

Il est dit dans un autre hadîth: Il y avait chez le Prophète
(saws) un homme qui le regardait sans arrêt. Il lui a dit: "Qu'as-tu?" L'homme répondit: "Par mon père et ma mère ! Je me profite du plaisir de te regarder. Car au jour de la Résurrection, Dieu t'élèvera à cause du privilège qu'Il t'a accordé." Dieu révéla alors le verset précédent.



DEUXIÈME SECTION
Sur l'amour du Prophète par les anciens pieux et les imâms


Al-qâdî al-Shahid a rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Abû Hurayra que l'Envoyé de Dieu

(saws) a dit:

"Ceux qui m'aimeront le plus dans ma Communauté après mon départ souhaiteront me voir, même s'ils devaient perdre leurs familles et leurs biens." Abû Dharr rapporte lui aussi une version similaire.

De son côté, `Amrû Ibn Al-'Ass disait: Personne ne m'était plus cher que l'Envoyé de Dieu.

Nous avons déjà évoqué les attitudes semblables des Compagnons. Nous ajoutons celles-ci:

`Abda bint Khalid Ibn Ma'dan rapporte ceci: Khâlid ne retrouvait pas son lit sans avoir évoqué son ardent désir pour l'Envoyé de Dieu
(saws) et ses Compagnons parmi les Emigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (Ansârs) en les nommant puis en disant: Ils sont mon origine et mon repère. Mon coeur aspire ardemment à eux et ma nostalgie n'a fait que trop durer. Seigneur ! Hâte mon départ vers toi ! Il ne cessait de le répéter jusqu'à ce qu'il soit gagné par le sommeil.

On rapporte qu'Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) a dit au Prophète
(saws): "Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité ! L'entrée en Islam d'Abû Tâlib m'est plus agréable que l'entrée en Islam d'Abû Quhâfa (son propre père) parce que l'entrée en Islam d'Abû Tâlib t'es plus agréable."

`Umar Ibn al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit une chose semblable à al-`Abbâs: "Ton adhésion à l'Islam m'est plus agréable que ma propre adhésion, parce que cela est plus agréable à l'Envoyé de Dieu."

Ibn Ishâq rapporte qu'une femme des Ansârs avait perdu, au cours de la bataille d'Uhud, son père, son frère et son mari qui ont combattu aux côtés de l'Envoyé de Dieu
(saws). En apprenant la nouvelle, elle demanda: "Comment va l'Envoyé de Dieu ? On lui répondit: Il va bien. Par la grâce de Dieu, il est bien vivant. Elle demanda: "Montrez-le-moi pour que je puisse me rassurer." Et lorsqu'elle le vit, elle dit: "Tout malheur après toi est supportable !"

D
e même, on a interrogé `Alî Ibn Abî Tâlib (que Dieu soit satisfait de lui) en ces termes: "Comment était votre amour pour l'Envoyé de Dieu ?" Il a répondu par ceci: "Par Dieu ! II nous était plus cher que nos biens, nos enfants, nos pères, nos mères et l'eau fraîche au moment de la soif."

Zayd Ibn Aslam rapporte ceci: 'Umar sortit un soir. Il vit une lampe allumée et une vieille femme qui travaillait la laine en déclamant ces vers: "Que la paix des bienheureux soit sur Mohammed ! Les meilleurs et les purs ont prié sur sa dépouille mortelle. Tu te levais à l'aube pour prier et pleurer, si seulement la mort qui sévit me permettait de retrouver mon bien-aimé dans l'autre demeure !" 'Umar (que Dieu soit satisfait de lui) s'assit alors et se mit à pleurer.

On rapporte que `Abdullâh Ibn 'Umar eut le pied engourdi. On conseilla d'évoquer l'être qui lui était le plus cher afin d'être soulagé.. `Umar cria: "Ô Mohammed !" Et il fut soulagé.

De même, on rapporte qu'au moment du trépas de Bilâl —que Dieu soit satisfait de lui— sa femme disait: "Ah ! Quelle tristesse !" Mais Bilâl dit alors: "Quelle joie ! Demain nous retrouverons les bien-aimé Mohammed et son groupe !"

Et on a rapporté la même chose sur Hudhayfa Ibn al-Yamân.

Une femme a demandé à `Aïsha —que Dieu soit satisfait d'elle— de lui laisser voir la tombe de l'Envoyé de Dieu Aïsha s'exécuta et cette femme pleura longuement, jusqu'au trépas.

Lorsque les habitants de la Mecque capturèrent Zayd Ibn al-Dathina et l'emmenèrent hors du Sanctuaire pour le tuer, Sufyan Ibn Harb lui dit: "Ô Zayd ! Aimerais-tu que Mohammed soit maintenant chez nous pour lui trancher la nuque à ta place et que tu sois chez toi?" Sans hésitation, Zayd lui répondit: "Par Dieu ! Je n'aimerais pas que Mohammed, là où il se trouve maintenant, soit égratigné même par une épine, alors que je resterais assis chez moi !" Abû Sufyan dit alors: "Je n'ai jamais vu des hommes aimer un homme comme les Compagnons de Mohammed aimèrent celui-ci."

Ibn `Abbâs a rapporté ceci: Lorsqu'une femme émigrait et venait voir le Prophète (saws) il la faisait jurer par Dieu en répétant: "Je ne suis pas partie par haine d'un mari, ni par désir d'un territoire par rapport à un autre, mais je suis partie par amour pour Dieu et pour Son Messager !"


Ibn 'Umar se mit debout devant Ibn az-Zubayr après sa mort. Il demanda pardon en sa faveur puis il dit: "Par Dieu ! Ce que je sais sur toi, c'est que tu jeûnais beaucoup, tu priais beaucoup et tu aimais Dieu et Son Prophète !"


TROISIÈME SECTION
Sur les signes de son amour


Sache que celui qui aime une chose la préfère et préfère s'y conformer, sans cela, il n'est pas sincère dans son amour et c'est une simple prétention de sa part.

Aussi, l'homme sincère dans son amour pour le Prophète est celui sur lequel on voit les signes et les marques de cet amour.

En premier lieu, il se conforme à lui, pratique sa Sunna, suit ses actes et ses paroles, respecte son ordre, évite ses interdictions et observe ses règles de bienséances dans les moments difficiles et agréables, dans ses loisirs et ses contraintes. Ceci trouve son illustration dans le verset déjà cité: 

Dis: Suivez-moi, si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. (Coran III-31)

Donc, il doit préférer ce qu'il a prescrit et recommandé au désir de sa propre âme.

Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:

A ceux qui s'étaient établi avant eux en cette demeure et dans la foi ; à ceux qui aiment celui qui émigre vers eux. Ils ne trouvent dans leurs coeurs aucune envie pour ce qui a été donné à ces émigrés. Ils les préfèrent à eux-mêmes, malgré leur pauvreté... (Coran LIX-9)

L'homme sincère doit aimer ou se fâcher pour Dieu lorsqu'il recherche Son agrément.

Le traditionniste al-qâdî Abû `Alî al-ljâfiz nous a rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Anas Ibn Mâlik que l'Envoyé de Dieu lui a dit:

"Ô mon fils ! Si tu peux te trouver le matin et le soir sans avoir dans ton coeur le moindre ressentiment pour quiconque, fais-le !" Puis il m'a dit, ajoute Anas: "Ô mon fils ! Ceci relève de ma Sunna. Et celui qui revivifie ma Sunna m'aime. Et celui qui m'aime sera avec moi au Paradis."

Donc, celui qui assume cette qualité aime parfaitement Dieu et Son Messager et celui qui s'en démarque, ne serait-ce que partiellement, n'aime pas parfaitement, même si le terme amour lui est appliqué.

Ceci trouve son illustration dans cette autre parole du Prophète

(saws) au sujet de l'homme à qui il avait appliqué une peine légale pour avoir consommé du vin. L'un des témoins avait dit sur cet homme: "Grand Dieu, maudis-le car voici bien souvent qu'on l'a amené ici pour subir la peine légale et qu'il persiste à boire !" Le Prophète (saws) a répondu: "Ne le maudis pas, car il aime Dieu et Son Messager."'

Parmi les signes de l'amour du Prophète
(saws), il y a le fait de le mentionner souvent, car celui qui aime une chose la mentionne beaucoup, et il y a aussi le fait de désirer ardemment sa rencontre, car tout amant aime rencontrer son bien-aimé.

Une tradition rappelle le vers qui fut déclaré en arrivant à Médine:

"Demain, nous rencontrerons les bien-aimés: Mohammed et ses Compagnons."

Il en va de même des paroles du récit de Khâlid Ibn Ma`dan (que nous avons déjà mentionné) ou de celles de Amrnar avant son exécution.

Parmi les signes de cet amour, il y a en plus de sa mention répétée, le fait de l'exalter et de le vénérer en le mentionnant et de faite preuve de respect et de recueillement en entendant son nom.

A ce propos Ishâq al-Tujibî disait: "Chaque fois que les Compagnons se souvenaient du Prophète après sa mort, ils se recueillaient, frissonnaient et pleuraient."

C'était aussi l'attitude des gens des générations suivantes: Certains le faisaient par amour et par ardent désir pour lui, et d'autres par crainte et respect.

Parmi les autres signes, il y a le fait d'aimer celui qui aime le Prophète comme les Gens de sa Famille et ses Compagnons parmi les Emigrés et les Auxiliaires, car celui qui aime une chose, aime aussi celui qui l'aime. Inversement, il y a le fait d'être hostile envers celui qui se montre hostile à leur égard et détester celui qui les déteste.

Le Prophète a dit sur ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein: "Mon Dieu ! Aime-les pour que je les aime !"

Il a dit également à leur sujet: "Celui qui les aime, m'aime. Et celui qui m'aime, aime Dieu. Celui qui les déteste, me déteste. Et celui qui me déteste, déteste Dieu." et dans une autre version, il a dit cela au sujet d'alHassan: "Mon Dieu ! Je l'aime ! Aime celui qui l'aime !"

Le Prophète (paix et salut sur lui) a, de même, donné un avertissement quant à l'attitude des croyants vis-à-vis de ses Compagnons:

"Craignez Dieu à propos de mes Compagnons ! Ne les prenez pas comme cibles après moi. Celui qui les aime, c'est par mon amour qu'il les aime. Celui qui les déteste et leur nuit, me nuit. Et celui qui me nuit, nuit à Dieu. Et celui qui nuit à Dieu risque bientôt d'être saisi par Lui."

Il a dit aussi sur sa fille Fatima —que Dieu soit satisfait d'elle—: "C'est ma chair. Ce qui la courrouce me courrouce."

Il a dit également à `Aïsha (que Dieu soit satisfait d'elle) au sujet de `Usâma Ibn Zayd: "Aime-le car je l'aime."

Dans un hadîth connu, on lit:

"Le signe de la foi, c'est l'amour des Ansârs (Auxiliaires) et le signe de l'hypocrisie, c'est de les détester."

Et dans celui rapporté par Ibn 'Umar: "Celui qui aime les Arabes, c'est par mon amour qu'il les aime. En vérité, celui qui aime une chose, aime toute chose qui s'y rapporte."

C'était, d'ailleurs, l'attitude des anciens pieux, même en ce qui concerne les choses permises et les plaisirs de l'âme.

Ainsi, Anas disait après avoir vu le Prophète e chercher les morceaux de courge dans le plat: Je n'ai cessé d'aimer la courge depuis ce jour-là.

C'est aussi le cas d'al-Hassan Ibn `Alî, `Abdullâh Ibn `Abbâs et Ibn Ja`far qui sont venus voir Umm Salama pour lui demander de leur préparer un plat prisé par l'Envoyé de Dieu.

De même, Ibn 'Umar portait des souliers dont le cuir était tanné avec de la poudre de l'alia blond, car il avait vu le Prophète e en porter de semblables.

Parmi les autres signes, il y a également le fait de détester celui qui déteste Dieu et Son prophète et de se montrer hostile à son égard, d'éviter celui qui s'oppose à sa sunna et introduit des innovations blâmables dans sa religion et de trouver insupportable tout ce qui s'oppose à sa Loi.

Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:

Tu ne trouveras pas des gens qui, tout en croyant en Dieu et au jour Dernier, témoignent de l'affection à ceux qui s'opposent à Dieu et à Son prophète... (Coran LVIII-22)

Or des Compagnons du Prophète e n'ont pas hésité à tuer des êtres qui leurs étaient chers tels leurs pères et leurs fils. Par exemple, `Abdullâh Ibn `Abdullâh Ibn Ubay ne lui a-t-il pas dit: Si tu veux, je te ramènerai sa tête? en parlant de son père...

Parmi ces signes, il y a le fait que le serviteur aime le Coran que le Prophètes a transmis et par lequel il a guidé et a été guidé et qu'il a incarné par son éthique, au point que `Aïsha —que Dieu soit satisfait d'elle— a dit: "Son éthique était celle du Coran."

Or pour le serviteur, aimer le Coran c'est le réciter souvent, agir selon ses préceptes et s'efforcer de le comprendre. Ainsi, le serviteur aime sa sunna et ne fait que s'en tenir à elle.

Sahl Ibn `Abdullâh disait:

"Le signe de l'amour de Dieu, c'est l'amour du Coran. Le signe de l'amour du Coran, c'est l'amour du Prophète
(saws). Le signe de l'amour du Prophète (saws), c'est l'amour de la Sunna. Le signe de l'amour de la Sunna, c'est l'amour de la vie future. Le signe de l'amour de la vie future, c'est le détachement du bas monde. Le signe du détachement du bas monde, c'est de n'en prendre que des provisions et le strict nécessaire pour la vie future."

De son côté, Ibn Mas`ûd disait:

"Que chaque homme interroge son âme au sujet du Coran. S'il aime le Coran, c'est qu'il aime Dieu et Son prophète."

Parmi les signes de son amour pour le Prophète
(saws), il y a aussi le fait de compatir avec les membres de sa Communauté, leur prodiguer de bons conseils, s'occuper de leurs intérêts et les soustraire aux nuisances, à l'image de l'Envoyé de Dieu (saws) qui a été miséricordieux et bienveillant envers les croyants.

Parmi les signes de la perfection de son amour, il y a le fait de renoncer au bas monde, de préférer la pauvreté et de l'assumer. Car le Prophète
(saws) a dit à Abû Sa'id al-Khudrî:

"La pauvreté se hâte vers celui d'entre vous qui m'aime plus rapidement que le torrent d'eau du haut d'une vallée ou d'une montagne."


De même, dans le hadîth que rapporte `Abdullâh Ibn Mughaffal, un homme a dit au Prophète
(saws): "Ô Envoyé de Dieu ! Je t'aime !" Il lui dit: "Considère bien ce que tu dis." L'homme jura trois fois: "Par Dieu ! Je t'aime !" Il lui dit alors: "Prépare-toi à résister à la pauvreté."



QUATRIÈME SECTION
Sur la signification et la réalité de l'amour du Prophète


Les gens ont divergé sur l'explication de l'amour de Dieu et de l'amour du Prophète (saws) en proposant une multitude d'expressions et de définitions en ce sens. Ceci est dû, en réalité, non à une différence de formulation, mais à une différence d'états spirituels.

Ainsi, Sufyan disait: L'amour, c'est suivre l'Envoyé de Dieu (saws), et il se référait à la parole divine

Dis: Suivez-moi, si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est celui qui pardonne. Il est Miséricordieux. (Coran III-31)

Quelqu'un d'autre a dit: L'amour du Prophète, c'est croire en lui, le soutenir et défendre sa Sunna, s'y soumettre et craindre de s'y opposer.

Un autre a dit: L'amour, c'est la persistance dans la mention de l'aimé.

Un autre a dit encore: C'est préférer l'aimé ; c'est l'ardent désir pour l'aimé.

Ou encore: L'amour, c'est que le coeur se conforme au bon vouloir du Seigneur: Il aime ce qu'Il aime et déteste ce qu'Il déteste.

Selon un autre: L'amour, c'est l'inclination du coeur vers celui qui est en affinité avec lui.

La plupart de ces expressions constituent une allusion aux fruits de l'amour et non pas à sa réalité. En effet, la réalité de l'amour, c'est l'inclination vers ce qui convient à l'homme.

Cette convenance peut-être due au plaisir de percevoir, tel l'amour des belles images, des belles voix, des mets et des boissons agréables et tout ce qui y ressemble parmi les choses vers lesquelles incline toute nature saine.

Elle peut être due aussi au plaisir de percevoir, grâce à la faculté de son esprit, certaines significations intérieures et nobles, comme l'amour des saints, des savants, des gens de bien et ceux qui sont réputés pour leurs attitudes magnifiques et leurs conduites exemplaires. Car, par sa nature, l'homme incline à l'engouement pour ce genre de personnes. Mais cela peut conduire au fanatisme et au sectarisme en faveur d'un groupe de la communauté. Et un tel comportement conduit à l'exil et à l'atteinte de l'honneur des personnes...

Mais cette convenance peut être due aussi au fait d'aimer un être en raison de sa bonté et de sa bienfaisance, car les âmes aiment tout naturellement celui qui leur fait du bien.

Une fois ces raisonnements admis, si tu les appliques au Prophètes, tu sauras qu'il répond à ces trois significations impliquant l'amour.

S'agissant de la beauté de la forme et de l'extérieur, ainsi que de la perfection du caractère et de l'intérieur, nous en avons déjà suffisamment parlé au début de ce livre.

Pour ce qui est de sa bonté et de sa bienfaisance en faveur de sa Communauté, nous avons également évoqué les qualificatifs par lesquels Dieu —qu'Il soit exalté— l'a honoré, tels sa bienveillance à l'égard des croyants, sa miséricorde en leur faveur, sa direction, sa compassion et son effort pour les sauver de l'Enfer. Il est une miséricorde pour les mondes, un annonciateur de bonnes nouvelles et un avertisseur, il est un brillant luminaire, qui récite pour eux les versets du Livre de Dieu, leur enseigne Le Livre et la Sagesse et les guide vers le droit chemin.

En effet, y a-t-il une bonté plus magnifique et plus grandiose que sa bonté envers tous les croyants? Y a-t-il une bienfaisance plus utile et plus bénéfique que sa bienfaisance en faveur de tous les musulmans? Il était la cause de leur guidance au sortir de l'aveuglement, leur missionnaire pour le succès, leur médiateur auprès de leur Seigneur, leur intercesseur, celui qui parle pour eux, celui qui témoigne pour eux, celui dont l'exemple ouvre à la vie éternelle et à la félicité perpétuelle.

Donc, tu vois clairement que le Prophète  mérite l'amour véritable, légalement en vertu de ce que nous avons rapporté des Traditions authentiques, et de façon naturelle en vertu de ce que nous avons indiqué précédemment: la bonté et la bienfaisance qui émanaient généreusement de lui.

Du reste, si l'homme a tendance à aimer celui qui lui accorde, une ou deux fois, un bien dans sa vie en ce bas monde ou celui qui le sauve pour un moment d'une perte ou d'un dommage passager, celui qui lui montre une félicité impérissable et le soustrait au châtiment perpétuel de l'Enfer mérite davantage son amour !

Et si cet homme aime tout naturellement un roi en raison de sa conduite exemplaire, un gouvernant en raison de ce qu'on rapporte sur sa rectitude ou un homme dans le lointain en raison de ce qu'on répand sur sa science et son noble caractère, celui qui unit l'ensemble de ces qualités dans toute leur perfection mérite bien mieux d'être aimé.
'Ali a dit en décrivant le Prophète (saws): "Celui qui le voit spontanément le craint et celui qui le fréquente par connaissance l'aime."


CINQUIÈME SECTION
Sur l'obligation de sincérité envers le Prophète


Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:

Il n'y a rien à reprocher aux faibles, aux malades, à ceux qui n'ont pas de moyens, s'ils sont sincères envers Dieu et Son Prophète (ida nasahû lillâhi wa rasûlihi). Il n'y a pas non plus de raison de s'en prendre à ceux qui font le bien. Dieu est Celui qui pardonne. Il est Miséricordieux. (Coran IX-91)

Les exégètes disent que l'expression "idâ nasahu lillâhi wa rasûlihi" veut dire ceci: S'ils sont des musulmans sincères, intérieurement et extérieurement.

Al-qâdi al-faqih Abû-l-Walid nous a rapporté (au cours de nos répétitions devant lui), d'après une chaine transmetteurs remontant jusqu'à Tamim ad-Dari que l'Envoyé de Dieu, a dit: "La religion c'est la sincérité (an-nasiha)" On lui a demandé: "Envers qui, Ô Envoyé de Dieu?" Il a répondu: "Envers Dieu, Son Livre, Son Prophète, les chefs des musulmans et l'ensemble des musulmans, elle est obligatoire."

C'est pourquoi nos maitres répètent que la sincérité est obligatoire envers Dieu, Son Prophète, les chefs des musulmans ou plutôt l'ensemble des musulmans.

L'imâm Sulayman al-Busti dit: an-nasiha est un mot qui désigne l'ensemble du bien que l'on souhaite faire en faveur d'un individu. On ne peut donc exprimer tout cela par un terme particulier qui le délimite. Quant au sens étymologique du mot an-nasiha, il signifie la sincérité.

De son côté Abû Bakr Ibn Abi Ishâq al-Khaffaf dit: an-nush signifie: faire ce qui améliore et harmonise. Ce mot dérive d'an-nassah qui est le fil par lequel on recoud le vêtement.

Donc, la sincérité envers Dieu —qu'Il soit exalté— c'est de croire sincèrement à son unicité, de Le qualifier par ce qu'Il mérite, de l'exempter de ce qui ne Lui convient pas, de chercher ce qu'Il aime, de s'éloigner de ce qui Le courrouce et d'être sincère dans Son adoration.

La sincérité envers Son Livre, c'est de croire en lui, d'agir selon ce qu'il renferme, de bien le réciter, de le méditer, de le vénérer, de le comprendre et de l'étudier, de le défendre contre les interprétations excessives et les objections des impies.

La sincérité envers Son Messager, c'est de le soutenir, de le faire triompher, de le défendre dans vie et après sa mort, de revivifier sa Sunna par la recherche, de la défendre, de la répandre et de se conformer à son noble caractère et à ses belles règles de bienséance.

Abû Sulaymân dit: "C'est de reconnaitre sa prophétie et de lui obéir dans ce qu'il a ordonné et dans ce qu'il a interdit."

Dans le même sens, Abû Ibrâhim Ishâq al-Tujibi dit: "La sincérité envers l'Envoyé de Dieu (saws), c'est de reconnaitre ce qu'il a apporté, de s'attacher à sa Sunna, de la répandre, d'inciter en sa faveur et d'appeler à Dieu, à Son Livre, au Prophète, à sa Sunna et de la pratiquer."

Ahmad Ibn Mohammed dit pour sa part que la sincérité envers l'Envoyé de Dieu (saws) fait partie des obligations qui s'imposent aux coeurs.

Abû Bah al-Ajuri ainsi que d'autres auteurs disent que la sincérité envers le Prophète (saws) implique deux attitudes: Une sincérité durant sa vie et une sincérité après sa mort.

En effet, dans sa vie, la sincérité de ses Compagnons à son égard consistait à le soutenir, à le défendre, à se montrer hostiles envers celui qui lui était hostile, à lui obéir, à sacrifier leurs personnes et leurs biens pour lui, comme Dieu —qu'Il soit exalté— l'a dit:

il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont été fidèles au pacte qu'ils avaient conclu avec Dieu. Tel d'entre eux atteint le terme de sa vie ; tel autre attend, tandis que leur attitude ne change pas (Coran XXXIII-23) ;

 ... et qu'ils faisaient triompher la cause de Dieu et de Son prophète, ceux-là sont les véridiques. (Coran LIX-8)

Quant à la sincérité des musulmans à son égard, après sa mort, elle consiste à lui témoigner du respect, de la vénération et beaucoup d'amour, à s'efforcer d'apprendre sa Sunna et de connaitre sa Loi, à aimer ses Compagnons et les membres de sa famille, à éviter celui qui se détourne de sa Sunna et en mettant en garde contre lui, à être compatissant envers les membres de sa Communauté, à faire des recherches pour connaitre sa morale exemplaire, sa conduite et ses règles de bienséance et à faire preuve de patience dans cette recherche.

Ainsi, selon ce que dit cet auteur, la sincérité deviendrait l'un des fruits de l'amour et l'un de ses signes conformément à ce que nous avons indiqué.

A ce propos l'imâm Abû-l-Qâsim al-Qushayri rapporte que `Amrû Ibn al-Laythi, l'un des rois du Khurassan et de ses héros les plus célèbres, connu sous le nom al-Saffâr a été vu en songe et on lui a demandé: "Comment Dieu t'a-t-Il traité?" Il a répondu: "Il m'a pardonné." On lui dit: "Pour quelle raison?" Il a expliqué: "Un jour, je suis monté en haut d'une montagne d'où j'ai embrassé du regard l'ensemble de mes soldats. Je fus subjugué par leur nombre. Aussi, j'ai souhaité être présent aux côtés de l'Envoyé de Dieu (saws) pour le soutenir et le faire triompher. Dieu m'a loué pour cela et m'a pardonné."

S'agissant de la sincérité envers les chefs des musulmans, elle consiste à leur obéir dans le respect de la vérité, à les aider pour la rétablir, à la leur recommander et à la leur rappeler, de la façon la plus appropriée. Mais aussi, les avertir quant à leurs négligences et pour ce qu'on leur a caché des affaires des musulmans, éviter de se rebeller contre eux ou d'ameuter les gens et de les manipuler contre eux.

S'agissant de la sincérité envers l'ensemble des musulmans, elle consiste à les guider vers leurs intérêts, à les aider par les actes et les paroles dans les affaires de leur foi et de leur monde ici-bas, à avertir celui qui est insouciant, à éclairer celui qui est ignorant, à épauler celui qui est dans le besoin, à repousser les dommages auxquels ils s'exposent et à leur apporter du profit.

 

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 00:04
Patience, endurance et pardon du Prophète (saws)

Extrait du Kitab ach Chifâ’ de Al-qadi ‘Iyad

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S’agissant de la mansuétude (al hilm), l’endurance (al ihtimal), le pardon (al ‘afuw) alors qu’on a les moyens de sévir, la patience (as sabr) de supporter les contraintes, il y’a entre ces vertus une certaine différence.

Ainsi la mansuétude est un état de calme digne et de fermeté, lorsque interviennent les raisons qui la provoquent.

L’endurance consiste à maîtriser l’âme et à la retenir au moment des douleurs et de tout ce qui gène.

Il en va de même pour la patience qui a presque la même signification.

Quand au pardon, il consiste à s’abstenir de sévir et de tenir rigueur.

Or tout ceci relève de l’éducation que Dieu (swt)  a donnée à Son prophète (saws). En effet, Dieu lui a dit :

<<Pratique le pardon ; ordonne le bien ; écarte-toi des ignorants >> (Coran VII-199)

On rapporte que lorsque ce verset fut révélé au prophète (saws) il a interrogé l’Archange Gabriel (as) sur son interprétation. Gabriel lui dit : Attend que j’interroge Celui qui connaît toute chose. Il alla, puis revint le voir et dit : Ô Mohamed Dieu t’ordonnes de garder les liens avec celui qui rompt avec toi, de donner à celui qui te prive et de pardonner à celui qui te fait du tord !

Dieu dit également (parole de Luqman à son fils) :

<<… Supporte patiemment ce qui t’arrive : tout cela fait partie des bonnes résolutions>> (XXXI-17)

Dieu (swt) a dit aussi : << Sois patient, comme ont été patients ceux des Prophètes qui étaient doués d’une ferme résolution…>> (XLVI-35)

Quant au pardon Dieu (swt) dit :
<<… ils oublieront et ils pardonnerons. N’aimez vous pas quand Dieu vous pardonne ? Dieu est Celui qui pardonne. Il est très miséricordieux>> (XXIV-22)

<<Mais celui qui est patient et qui pardonne fait montre des meilleurs dispositions>> (XLII-43)

De là, on saisit parfaitement ce qui est réputé de la mansuétude et de l’endurance du Prophète (saws). Et si l’on décèle chez tout magnanime une petite faute qui pourrais entraîner un trébuchement, en revanche, l’ampleur des ennuis et des nuisances n’ont fait qu’accroître la patience du Prophète (saws) et les excès des ignorants ne l’ont rendu que plus magnanime.

Le qadi Abû ‘Abdullah Mohamed Ibn ‘Alî al Taghlabî  et bien d’autres nous ont rapporté d’après une chaîne de nombreux transmetteurs qui remonte à ‘Aicha (raa) : « On n’a jamais donné à l’Envoyé de Dieu (saws) à choisir entre deux choses sans qu’il n’opte pour la plus facile, aussi tant qu’il ne s’agissait pas d’un péché.  S’il s’agissait d’un pécher, il restait, de tous les hommes, celui qui en est le plus éloigné. Et l’Envoyé de Dieu (saws) ne s’est jamais vengé pour lui-même à moins que les interdits de Dieu (swt) soient violés. Alors, il s’en vengeait pour Dieu. »

Ainsi ne se fâchait il que pour Dieu et dans ce cas sa colère était terrible.

On rapporte également que lorsque l’incisive du Prophète (saws) fut brisée, et sa tête fut blessée au court de la bataille d’Uhud, les compagnons furent très touchés. Ils lui ont proposé : Et si tu lançais des imprécations (malédiction) contre eux (les quraish) ! Il leur répondit :

« Je n’ai pas été envoyé pour maudire. Mais j’ai été envoyé comme un implorant et comme une miséricorde. Mon Dieu ! Dirige mon peuple car ils ne savent pas. »

De même on rapporte que ‘Umar (raa) a dit un jour au Prophète : « Par mon père et ma mère ! Ô Envoyé de Dieu ! Noé a jeté l’anathème sur son peuple en disant <<Mon Seigneur ! Ne laisse sur la terre aucun habitant qui soit au nombre des impies>> (LXXI-26) Si tu jette contre nous un semblable anathème nous périrons jusqu’au dernier. Pourtant ton dos a été foulé, ton visage ensanglanté et ton incisive brisée mais tu n’as voulu dire que du bien. En effet tu as dit « Mon Dieu ! Pardonne à mon peuple car ils ne savent pas. »

Regarde comme cette parole représente le maître mot de la bienfaisance et résume les degrés de l’excellence, du bon caractère, de la noblesse de l’âme et de l’extrême patience et mansuétude. Car le Prophète (saws) ne s’est pas contenté de garder le silence à leur égard mais il leur a pardonné. Puis il a eu pitié d’eux et leur a fait miséricorde en invoquant en leur faveur et en intercédant pour eux. Il a dit : Mon Dieu ! Pardonne ou guide. Et par les mots « pour mon peuple » il a manifesté sa miséricorde, avant d’excuser leur ignorance en disant : ils ne savent pas.

De même lorsqu’un homme l’interpella un jour en disant « Sois équitable, car ce partage n’as pas été fait pour Dieu. », le Prophète (saws) s’est contenté dans sa réponse de lui expliquer ce qu’il ignorait (au sujet du partage) et s’exhorta lui-même en rappelant ce qui lui était reproché. Ainsi dit il a cet homme : « Malheur à toi ! Qui serait équitable si je ne le suis pas ? Je serais perdant et misérable si je ne suis pas équitable ! », Et il a ensuite arrêté celui de ses Compagnons qui a voulu tuer cet homme (pour défendre le Prophète contre ces paroles offensantes).

Une autre fois, lorsque Ghawrath Ibn al Hârith se dressa pour tuer l’Envoyé de Dieu (saws) endormi seul sous un arbre, tandis que les autres dormaient aux alentours au cours de l’une des expéditions, L’Envoyé de Dieu (saws) se réveilla et vit cet homme debout près de sa tête avec une épée dégainée. Ghawrath lui dit : Qu’est ce qui te protège de moi ? Il lui répondit : Dieu. L’épée tomba alors de sa main et le Prophète (saws), le saisissant, lui dit : Qu’est ce qui te protège de moi ? L’homme dit : Sois le meilleur de ceux qui saisissent ! Il le laissa et lui pardonna. L’homme revint ensuite dans sa tribu et dit aux siens : Je reviens de chez le meilleur des hommes.

Du reste, son histoire la plus extraordinaire en matière de pardon est celle concernant la juive qui l’a empoisonné par la viande d’une chèvre. Une tradition authentique atteste qu’après avoir entendu son aveu, il la laissa.

De même, il n’a pas tenu rigueur  à Labid Ibn al A’sam qui l’avait ensorcelé à partir de quelques cheveux sur un peigne. L’Ange Gabriel (as) vint lui révéler toute l’affaire mais il n’a pas formulé de reproche ni de sanction.

Il n’a pas non plus tenu rigueur à ‘Abdullâh Ibn Ubay et à ses acolytes parmi les hypocrites, à propos de ce que l’on a rapporté de grave comme gestes et paroles à son encontre. Il a seulement dit à celui qui lui a conseillé de tuer quelques-uns d’entre eux : « On ne dira pas que Mohammed  exécute ses Compagnons. »

Par ailleurs, Anas rapporte ce qui suit : Pendant que j’étais avec le Prophète (saws) et qu’il portais un manteau aux bords très épais, un arabe bédouin l’a saisi par l’extrémité se son manteau et l’a violement tiré au point que le bord du manteau lui a laissé une marque sur la nuque. Puis il lui dit : Ô Mohamed ! Charge mes deux chameaux des biens que tu as de Dieu, car tu ne me donnes pas de tes biens. Le Prophète (saws) garda le silence un moment puis il lui dit : Certes ce sont les biens de Dieu et je suis Son serviteur.  Faut-il te sanctionner pour  ce que tu m’a fait ô arabe bédouin ? Il répondit : Non. Il lui demanda Pourquoi ? L’arabe bédouin répondit Parce que tu ne réponds pas au mal par le mal. A ces mots le Prophète (saws) sourit puis il ordonna qu’on charge d’orge l’un de ses chameaux et l’autre de dattes.

De même, ‘Aicha (raa) a dit ceci : Je n’ai jamais vu l’Envoyé de Dieu (saws) sévir à la suite d’une injustice à son encontre, tant que cela ne touchait pas l’un des interdits de Dieu. Et il n’a jamais frappé de sa main qui que ce soit, sauf quand il combattait dans le chemin de Dieu. Et il n’a jamais frappé un serviteur ou une femme. Un jour on lui a apporté un homme et on lui a dit : celui là veut te tuer. Le Prophète saws lui dit : « Ne sois pas effrayé ! Ne sois pas effrayé ! Su tu en avais véritablement l’intention, tu ne serais pas lâche (effrayé) devant moi. »

De même Zayd Ibn Sa’na est venu le voir (avant d’embrasser l’islam) pour lui réclamer une dette. Il tira son habit au niveau du coude puis le saisi violement par les bords de ses vêtements et lui dit : Vous les descendants de ‘Abd-l-Muttalib  vous retardez les paiements ! A ces mots ‘Umar le menaça et lui lança des propos très durs pendant que le Prophète saws, lui, souriait. Puis l’Envoyé de Dieu (saws) dit à ‘Umar : Nous avions davantage besoin, lui et moi, d’un autre conseil, ô ‘Umar ! : Que tu m’ordonnes de bien régler ma dette ma dette et que tu lui ordonnes de bien la réclamer.  Et il ordonna à ‘Umar de régler sa dette et de lui donner en plus vingt boisseaux pour l’avoir effrayé. D’ailleurs cet épisode fut la cause de son entrée en islam. En effet cet homme avait di : Il ne reste rien des signes de la prophétie que je n’ai pas reconnu chez Mohamed, sauf deux d’entre eux que je n’ai pas encore éprouvés. L’occasion lui en fut donnée. Quant à la mansuétude elle prend le dessus sur son ignorance et, inversement, l’excès d’ignorance chez autrui ne fait qu’accroître sa mansuétude.

En somme, parler de sa mansuétude, de sa patience et de son pardon est un thème qu’on ne peut épuiser en aucun cas. Il suffit pour toi de méditer sur ce que nous avons évoqué d’après les Recueils de Hadiths authentiques et les ouvrages sûrs qui rapportent des Traditions tout à fait authentiques. Certaines traitent de sa patience à endurer les forfaits de la tribu de Quraysh et les nuisances du paganisme, de sa constance à supporter les pires difficultés avec les gens de cette époque, jusqu’à ce que Dieu lui accorda la victoire sur eux et le rende maître de leur sort. Pourtant, jusqu’à la dernière minute, ses ennemis avaient la certitude qu’ils allaient éradiquer ce premier noyau de musulmans autour de lui. Or tout cela n’a fait qu’accroître chez lui le pardon et la mansuétude à leur égard.  En effet il a dit aux mécréants de la Mecque après sa victoire totale sur eux :

« Que pensiez vous que j’allais faire de vous ? »

Ils ont répondu : Seulement du bien. Tu es un noble frère et un noble cousin.

Il leur dit alors : Je vous dirai ce que mon frère Joseph a dit à ses frères : <<Qu’aucun reproche ne vous soit fait aujourd’hui ; que Dieu vous pardonne ! Il est le plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde. >> (XII-92) Allez, vous êtes libres ! »

De son coté, Anas rapporte ceci : Quatre vingt hommes sont descendus du plateau al Tan’îm près de la Mecque, au moment de la prière de l’aube, pour tuer l’Envoyé de Dieu (saws) mais ils furent arrêtés. Malgré cela l’Envoyé de Dieu (saws) les a libérés. Dieu (swt) révéla alors le verset suivant : <<C’est Lui qui a écarté leurs mains de vous et eux de vos mains, dans la vallée de la Mecque, après vous avoir donné l’avantage sur eux. Dieu voit parfaitement ce que vous faites. >> (XLVIII-24)

De même, le Prophète (saws) a dit, avec calme et attention, à Abu Sufyan qu’on amena devant lui alors qu’il avait rassemblé toute une coalition d’ennemis contre les musulmans, tué son oncle et maltraité ses Compagnons : « Qu’as-tu ô Abu Sufyan ? L’heure est elle venue pour toi de comprendre qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu ? » Abû Sufyan lui répondit : « Par mon père et ma mère ! Combien tu es magnanime, attentif aux liens de parenté et noble !... »

C’est que de tous les hommes, l’Envoyé de Dieu (saws) était le plus éloigné de la colère et le plus prompt à être satisfait
Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 15:28

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"On m'a donné les clefs de toute chose hormis cinq."

al-Sayyid Shaykh `Abdullah al-Ghumari,
dans al-ahadith al-muntaqat pages 117-122.

 

Ibn 'Umar rapporte que le Prophète salallahu 'alaihi wa salam a dit:

 

"On m'a donné les clefs de toute chose sauf cinq. En vérité la connaissance de l'heure appartient à Allah 1 " (rapporté par at Tabarani avec une chaine authentique)

 

Dans les deux recueils authentiques, Hudhayfa rapporte que:

 

Le Prophète salallahu 'alaihi wa salam se tint parmi nous un long moment, il ne négligea la description d'aucune chose jusqu'au Jour de la Résurrection. Celui qui s'en est souvenu l'a préservé, celui qui l'a oublié l'a perdu. J'en ai oublié une partie, puis quand je vois les choses qu’il a décrites, je m'en rappelle, comme le visage d'un homme absent, lorsque tu le revois tu sais qu'il s'agit de lui.

 

Il dit: "On m'a donné les clefs de toute chose", ce qui signifie la science connue ainsi que tout ce qui est inconnu. Le Qadi 'Iyad, dans al-Shifa', au chapitre sur: "ce qui lui a été dévoilé de l'invisible et de ce qui est à venir" a dit:

 

Les hadiths sur ce chapitre sont comme un océan dont la profondeur est inconnue et dont l'abondance ne peut s'épuiser. C'est l’un des plus beaux miracles connus à partir des récits qui nous sont arrivés par transmission massive, qui s'accordent dans leur signification sur le fait qu'il fut informé de l'invisible.

 

Il développe cela dans son livre, aussi réfères toi y. Tabarani rapporte que selon Ibn 'Umar, le Prophète salallahu'alaihi wa salam a dit: "Certes Allah m'a dévoilé le monde, aussi j'ai porté mon regard dessus et sur les créatures qu'il contient jusqu'au Jour du Jugement. C'est comme si j'avais vu toute chose."

 

Le Prophète salallahu 'alaihi wa salam nous a informé de la plupart des conditions, nous composerons une épitre profitable à ce sujet par la Puissance d'Allah.

 

Il a dit: " sauf cinq. En vérité la connaissance de l'heure appartient à Allah". Dans le Sahih Bukhari, Ibn 'Umar rapporte que le Prophète salallahu 'alaihi wa salam a dit:

 

Les clefs de l'invisible sont au nombre de cinq, que personne ne connaît sauf Allah : nul ne sait ce qui va arriver sauf Allah. Nul ne connaît ce qui est dans les matrices sauf Allah. Nul ne connaît quand l'Heure arrivera sauf Allah. Nul ne sait dans quel pays il mourra sauf Allah et nul ne sait quand les pluies vont tomber sauf Allah.

 

La conséquence ici est qu'il salallahu'alaihi wa salam ne connaissait pas ces cinq choses, c'est l'opinion de la majorité des savants.

 

Toutefois, l'Imam al-Suyuti cite dans khasa'is al-kubra: "Certains d'entre eux ont convenu que la science lui a également été donnée, la connaissance de l'Heure, de l'Ame, mais qu'il est resté silencieux à leur sujet."

 

C'est ce qui a été affirmé par de nombreux savants récents, l'Imam Mansur al Baghdadi a écrit sur ce sujet et appela son livre: "Etablir le témoignage sur les preuves transmises comme rationnelles de l'étendue de la connaissance de notre Prophète." Le shaykh Abu al-'Abbas Ahmad ibn 'Abdul Hayy al-Halabi fut interrogé à ce sujet par 'Abdul Malik ibn Muhammad al-Tajmushi, le juge de Tajmush, et il répondit par une épitre particulière appelée: "La question essentielle et la réponse des maitres Halabi." Il y expose qu'il salallahu 'alaihi wa salam embrassait les cinq connaissances.

 

Shaykh Ahmad Rida 'Ali Khan al-Barelwi al-Hindi écrivit trois fois sur ce sujet: " L'emplissement des poches par la science de l'invisible", "Les perles cachées dans la connaissance de celui qui donna les bonnes nouvelles de ce qui a été et de ce qui est à venir" et "Les secrets et l'inconnu dont l'élu était informé"

 

'Allamah Abu 'Abdullah Muhammad al-Habib ibn 'Abdul Qadir al-Sajalmasiya al-Hasani déclare dans son sharh manzumat al-samma al-hassani lil-hilal:

 

Il est nécessaire pour nous de croire qu'il sallallahu 'alaihi wa salam, n'a pas quitté ce monde sans avoir obtenu toutes les connaissances comme il est dit dans la tradition authentique: "J'ai reçu les clefs de tout, et toutes les choses m'ont été révélées.

 

Tout ce qui a été mentionné, en contradiction avec cette dernière narration, est abrogé. Par conséquent, sa particularité et sa supériorité est établie en termes de connaissance sur tous les prophètes au vu de sa connaissance de l'invisible, comme il est dit dans le verset: "Le connaisseur de l'Invisible! Il ne révèle Ses secrets à personne excepté celui qu'Il choisit comme messager." (Sourate al-Jinn 72.26) Certains exégètes ont dit que ceci se réfère aux Prophètes et aux Saints, et que s’il ya omission ici c'est parce que les Saints sont les héritiers du savoir Prophétique.

 

Dans "L'Elucidation des Modèles du Bien-Aimé" de 'Allamah Shamsuddin Muhammad ibn Muhammad ibn 'Umar al-Rawdi al-Maliki il est dit: "Ce que les autorités disent est juste, qu'il a reçu la connaissance de toute chose, même les cinq et y compris la science de l'âme et qu'il est resté silencieux à ce propos."

 

Ceci a également été mentionné par l'autheur du commentaire jawhar al-laqqani et l'explication des "Quarante Hadiths de Nawawi" par al-Shabarkhiti ainsi que d'autres. Dans le commentaire d'al-Munawi de al-jami'a al-saghir appellé fa'id al-qadir, il est dit au sujet du hadith des cinq connaissances que seul Allah connaît: "Les cinq que seul Allah connaît, dans le détail comme dans l'absolu, dans son ensemble comme en partie."

 

Il n'y a aucun doute qu'Allah accorde à une partie de l'élite, parmi gens du commun, la connaissance de l'invisible de ces cinq choses, car elles sont des choses limitées et définies, quelles qu'en soient les objections des mu'tazilites à ce sujet 2 . Ce qui est pris en compte et qui va dans ce sens est que le Prophète saws n'a pas quitté ce monde sans qu'il ne sache ces cinq choses, car son savoir n'augmentait pas chaque jour: il augmentait à chaque instant, et la plupart des narrations en conviennent. Parmi celles-ci, un hadith d'al Bukhari rapporté par Asma bint Abu Bakr, qui a dit que le Prophète saws a dit: "Il n'y a rien qui ne m'ait été dévoilé depuis cet endroit ou je me tiens, même le Paradis et l'Enfer." C'est une partie d'un discours qui fut prononcé à Médine.

 

Dans une tradition rapportée par Samura, le soleil se leva et le Prophète saws pria puis déclara: "Je jure par Allah que j'ai vu, alors que je me tenais en prière, tout ce qui va t'advenir dans ta vie d'ici bas et dans ta vie céleste." (Hadith authentique rapporté par Ahmad entre autres)

 

Ceci n'est pas contredit par la narration "excepté cinq choses", car c'était avant qu'il fut informé de ces choses. Ce ne fut qu'après qu'il les apprit. Ceci est similaire au fait qu'il était dans un premier temps interdit de le préférer à Musa, Yunus ou Ibrahim (paix sur eux) puis qu'il mentionna qu'il était le meilleur des prophètes, ou bien quand il contredit une personne qui l'appela "Seyyid" (mon mâitre) en lui disant: "le seul Seyyid est Allah", puis qu'il rapporta par la suite qu'il est le Sayyid des fils d'Adam, ou encore quand Allah l'informa dans le Qur'an de dire aux mécréants : "je n'avais nulle connaissance ni de l'Assemblée suprême ni de leur débat" (Sourate Sad 38:69, en référence à la dispute des anges au sujet d'Adam) puis qu'Allah l'informa de ce sur quoi ils se disputaient. Ainsi, un hadith authentique rapporté par ibn 'Abbas, Mu'ad et d'autres nous informe que le Prophète saws a dit:

J'ai vu mon Seigneur sous la meilleure des formes. Allah a dit: "Ô Muhamad." J'ai dit: "Je suis à Ton service et à Ta disposition." "Sais-tu ce sur quoi l'Assemblée suprême se disputait?" Je répondis: "Je ne sais pas, ô Seigneur." Puis Il mit Sa Main entre mes omoplates jusqu'à ce que je sente une fraicheur dans ma poitrine, c'est alors que toute chose me fut révélée et je sus."

 

C'est un hadith authentique mentionné dans les Sunan d'al-Tirmidhi, le Musnad d'Ahmad, et d'autres encore par diverses chaînes de transmission. Cette tradition est mentionnée dans qam‘ al-ashrar `an jarimat al-intihar, publié avec al-arba‘un al-ghumariyya; et Ibn Rajab l'a commentée dans un volume publié appelé ikhtiyar al-awla fi sharhi hadith ikhtisam al-mala’ al-a‘la.

 

Cette narration est l'une des preuves qu'il avait la connaissance des cinq puisqu'il a dit: "toute chose me fut révélée". Khudhayfa a dit dans une narration que "Le Messager d'Allah saw se tenait parmi nous durant un long moment et ne partit pas sans avoir laissé de coté aucune chose jusqu'au Jour du Jugement", en d'autres termes les tribulations, les évènements et d'autres choses encore que la narration ne mentionne pas.

 

De même, 'Umar a dit: "Le Prophète salallahu 'alaihi wa salam se tint parmi nous un long moment, et il nous informa au sujet du début de la création jusqu'à un point où j'ai oublié."(Bukhari et Tabarani) Abu Darr a dit: "Le Messager d'Allah saws nous a laissés et les ailes d'aucun oiseau ne battait dans le ciel sans qu'il nous en eut informé."(Hadith authentique rapporté par Ahmad, Tabarani, Abu Darda l'a rapporté dans Abu Ya'la, Tabarani, et d'autres.)

 

Et Allah est Le plus Savant.

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notes:

1Voir également Sourate Luqman 31:34: La connaissance de l'Heure est auprès de Dieu; et c'est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice; et Il sait ce qu'il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu'il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Certes Dieu est Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

 

2Sourate Luqman 31:34: La connaissance de l'Heure est auprès de Dieu; et c'est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice; et Il sait ce qu'il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu'il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Certes Dieu est Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 16:24

40 bonnes raisons de prier sur le Prophète [sws]

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1- Lorsque l’individu prie sur le Prophète [sws], il se soumet avant tout au commandement du Seigneur (I).


2- Il s’inspire de son Seigneur bien que Sa Prière sur le Prophète [sws] soit différente de la nôtre; la Sienne consiste à lui faire les honneurs et les éloges et la nôtre consiste à prier et à invoquer en sa faveur.


3- Il suit les traces des anges.


4- Il obtient dix prières de la part d’Allah pour chaque prière qu’il prononce.


5- Allah l’élève de dix degrés à chaque fois.


6- Il lui sera inscrit dix récompenses.


7- Il lui sera effacé dix péchés.


8- S’il accompagne sa Prière à ses invocations, elles seront plus favorablement reçues par le Seigneur étant donné que cette fameuse Prière permet de les faire monter au ciel. Sans cela, ses invocations risquent de rester suspendues entre le ciel et la terre.


9- C’est aussi un moyen d’obtenir l’intercession du Prophète [sws].


10- C’est un moyen de se faire pardonner les péchés.


11- C’est un moyen par lequel Allah soulage la détresse de Son serviteur.


12- C’est un moyen de se rapprocher de Son Seigneur (I) le Jour de la Résurrection.


13- La Prière sur le Prophète [sws] se substitue à l’aumône envers les personnes en difficulté.


14- Elle lui permet de mener ses affaires à bien.


15- Elle lui permet de recevoir les Prières d’Allah et celles des anges.[1]


16- Elle lui permet de se purifier et de se mettre en valeur.


17- Elle lui permet de se voir annoncer le Paradis avant sa mort


18- Elle lui permet de s’épargner les douloureux événements de la Résurrection.


19- Elle lui permet de recevoir en réponse les Prières et les Salutations du Prophète [sws].

 

20- Elle lui permet de se rappeler les choses qu’il a oubliées.


21- Elle lui permet d’embellir ou de purifier ses assemblées et de faire que celles-ci ne soient pas un sujet de regret le Jour de la Résurrection.


22- Elle permet de repousser la pauvreté.


23- Il s’épargne ainsi de prendre le nom d’avare que mérite toute personne se privant de prier sur le Prophète [sws] au moment où ce dernier est évoqué.


24- Il ne sera pas concerné ainsi par l’invocation destinée contre tous ceux qui s’abstiennent de prier sur lui [sws] à l’écoute de son nom.


25- Elle lui permet de se maintenir sur le chemin du Paradis contrairement à celui qui ne prie pas sur lui [sws].

 

26- Il s’épargne ainsi des assemblées impures dans lesquelles il n’est consacré aucun éloge ni aucune attention à Allah et à Son Messager.


27- Elle permet de rendre parfait un discours au début duquel les louanges sont consacrées au Seigneur et les Prières consacrées au Prophète [sws].


28- Elle lui permet d’acquérir une lumière durant la traversée du Pont jeté au-dessus de la Géhenne (le Sirât).


29- Elle le préserve de la dureté du cœur (ou de l’abandon du Seigneur).


30- Elle lui permet d’entretenir les éloges qu’Allah réserve à l’auteur d’une telle prière et qu’Il communique aux occupants de la terre et des cieux. En priant sur le Prophète [sws] en effet, le serviteur réclame au Très-Haut de lui réserver les éloges et les honneurs. Il méritait par conséquent de jouir relativement en retour de ces éloges en sachant que la récompense est de même nature que les actes.

 

31- Elle lui rapporte la bénédiction dans ses œuvres, sa durée de vie, et ses différentes affaires. Comme il implore en effet la bénédiction en faveur du Prophète [sws] et de sa famille, il méritait en retour d’être comblé de la même faveur en sachant que ses propres invocations en faveur du Prophète (r) sont automatiquement exaucées et que la récompense est de même nature que les actes.


32- Elle permet d’obtenir la Miséricorde divine qui peut prendre le sens de prière –selon une certaine tendance – bien que selon la meilleure tendance, la prière est un effet de la Miséricorde divine. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il reçoit la cette Miséricorde.


33- Elle lui permet d’entretenir et d’augmenter les sentiments qu’il éprouve vis-à-vis du Prophète [sws], en sachant que l’amour du Prophète [sws] est un acte de foi incontournable. Plus l’ « être » est bien-aimé, plus ses qualités et ses caractéristiques attirantes sont évoquées et présentes à l’esprit et plus les sentiments à son égard augmentent. Son souvenir à l’ardeur grandissante anime et envahit tout le cœur. Lorsque ce sentiment n’est pas entretenu, il perd de son intensité. La chose la plus attirante à la vue, c’est de contempler son bien-aimé et la chose la plus attirante au cœur, c’est de se remémorer ses qualités. ce sentiment intense se manifeste à travers les paroles en faisant incessamment ses éloges.


34- Elle lui permet d’obtenir en retour l’amour du Prophète [sws] de la même manière qu’elle permet d’entretenir l’amour du Prophète [sws].


35- Elle est un moyen de le guider sur le bon chemin et de vivifier son cœur. Plus il prie sur lui [sws] en effet, plus son cœur se remplit d’amour de sorte qu’il n’éprouve plus aucune réticence vis-à-vis de ses commandements et de ses enseignements qui vont s’imprégner en lui comme l’encre s’imprègne sur une feuille. Ils sont toujours présents avec lui et l’orientent constamment sur le chemin du savoir et du bonheur. Sa clairvoyance et son savoir ainsi accrus le pousseront à prier sur lui [sws] davantage.


36- Toutes les fois qu’il prie sur le Prophète [sws], son nom lui est transmis par les anges; cet honneur suffit à lui-même !


37- Elle permet de lui raffermir le pas au moment de traverser le Sirât.


38- Prier sur le Prophète [sws] est le moindre des droits que nous lui devons. C’est une façon de lui exprimer notre reconnaissance pour tous les bienfaits qu’Allah nous a procurés par son intermédiaire. Bien qu’il soit impossible de lui être pleinement reconnaissant, dans Son infinie Générosité, Allah se contente de peu de la part de Ses serviteurs.


39- Cela implique d’évoquer le Seigneur et de Le remercier pour avoir envoyé un tel Prophète aux hommes. Cette prière implique notamment d’invoquer le Seigneur de récompenser Son Messager à sa juste valeur. Allah nous fait connaître à travers la Révélation Ses Noms et Attributs et Il nous guide sur le chemin qui mène à Son Agrément. Il nous fait connaître également quels agréments nous attendent une fois arrivés au bout de ce chemin et une fois parvenus à Sa rencontre. Ainsi, nous croyons à l’Existence de notre Seigneur, à Son Savoir, à son écoute, à Sa Puissance, à Sa Volonté, à Ses Attributs et à Sa Parole. Nous avons foi également aux enseignements du Prophète [sws] qu’Il a envoyé et à qui nous vouons un amour parfait. Ce Prophète que nous aimons et à qui nous croyons nous a fait découvrir ces différents fondements de la foi. Prier sur lui constitue donc l’une des œuvres les plus méritoires.


40- La prière sur le Prophète (r) est une forme d’invocation en sachant qu’il existe deux sortes d’invocations ; premièrement : le serviteur invoque en sa propre faveur et deuxièmement : il fait les éloges de l’Ami proche et du Bien-Aimé d’Allah. Ainsi, pour plaire à Dieu, il privilégie de prier sur Son Messager [sws] au dépend de prier pour lui-même. Il préfère plaire à Allah et à Son Messager et se sacrifier que de chercher à résoudre ses propres affaires. En récompense à celui qui Le privilégie à Ses créatures et à ses propres besoins, Allah le privilégie à Ses autres créatures étant donné que la récompense est de même nature que les actes…


Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Maître Mohammed ainsi que sur sa famille ses compagnons !

Extrait du livre intitulé : Jalâ el Afhâm fî Fadhl e-Salât wa e-Salâm ‘ala Mohammed khaïr el Anâm d’ibn el Qayyim el Jawziya (p. 612-626).
Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 18:28

Le Hadith:« Celui qui montre de l'hostilité à un des Mes bien-aimés, Je lui déclarerai la guerre»

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Mohammed Ibn 'Uthmân Ibn Karâma nous a rapporté d'après Khâled Ibn Makhled, d'après Sulaïmâne Ibn Bilal d'après Charîk Ibn 'Abdullah Ibn Abî Namr, d'après 'Atâ, d'après Abî Huraïra qui dit: « Le Messager d'Allah (SAWS) a dit: «Allah, a dit: «Celui qui montre de l'hostilité à un de Mes bien-aimés, Je lui déclarerai la guerre. Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par une chose que J'aime, comme Il le fait avec ce que Je lui ai prescrit. Et Mon serviteur ne cessera de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime; et, lorsque Je l'aime, Je serais son ouïe avec laquelle il entend, sa vue avec laquelle il voit, sa main avec laquelle il saisit et son pied avec lequel il marche. S'il Me demande, Je lui donnerai ce qu'il veut et s'il sollicite Mon secours, Je le lui accorderai. Et il n'y a pas de chose que J'hésite à faire, et que Je dois, cependant, faire, que de ravir l'âme de Mon serviteur croyant; il déteste la mort, et Moi Je déteste lui faire du tort».

Rapporté par El-Bukhâri, chapitre sur «l'humilité »

 

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Commentaire de Ibn Hajar al Asqalani du hadith sur la rétribution de ceux qui expriment de l'hostilité envers les bien-aimés ('Awliyya') d'Allah et sur la meilleure manière de se rapprocher d'Allah


"Celui qui exprime de l'hostilité à un de Mes bien-aimés ", c'est-à- dire un de ceux qu'Allah a pris comme ami et a mis sous Sa protection en prenant en charge ses affaires. Le Très Haut a dit: « C'est Lui qui se charge des affaires des vertueux». Il ne le laisse jamais, ne serait-ce un instant, à la merci de son âme, mais Il prend soin de lui et prend en charge ses affaires. L'inverse aussi est valable, dans la mesure où le bien-aimé d'Allah prend soin de l'adoration d'Allah et de Son obéissance. En effet, son adoration d'Allah est constante et n'est entachée d'aucun défaut. Ainsi, les deux descriptions sont valables pour que le bien-aimé d'Allah le soit réellement, en fonction de sa conformité avec les droits d'Allah et de sa préservation de ces droits, ainsi que de la permanence de sa protection par Allah, aussi bien dans les moments de joie que de peine.

 

Certes, c'est une condition pour le bien-aimé (walî) d'Allah d'être protégé comme c'est une condition pour le prophète d'être infaillible. Par contre, celui qui se met en porte à faux avec la Chari'a (Loi divine), il est considéré comme un égaré et un imposteur.

El-Quchaïri a dit à ce sujet: La protection d'Allah de Son bien-aimé (walî) signifie le préserver et l'empêcher de persister dans les péchés et la désobéissance et, même s'il tombe, parfois, dans le péché, Allah lui inspire le repentir, et il se repent de ses péchés. Ainsi, ses péchés n'affectent nullement sa sainteté.

«Je lui déclarerai la guerre ». C'est-à-dire que Je ferai avec lui ce que fait celui qui combat un ennemi. Il y a là une sévère mise en garde, dans la mesure où celui à qui Allah déclare la guerre sera exterminé par Lui.

El-Fakihâni a dit: C'est là une métaphore éloquente, car celui qui abhorre ce qu'Allah aime, aura contredit Allah, et celui qui contredit Allah se sera rebellé contre Lui, et celui qui se rebelle contre Allah, Allah le fera périr. Si cela et confirmé en matière d'animosité, il dl confirmé aussi en matière d'amitié, puisque celui qui prend comme amis les bien-aimés d'Allah, Allah l'honorera.

« Et Mon serviteur ne cessera de se rapprocher de Moi avec des oeuvres surérogatoires », c'est-à-dire des oeuvres du même genre que les obligations, comme la prière, le jeûne, etc.

«Jusqu'à ce que Je l'aime et, lorsque Je l'aime, Je serai Son ouïe avec laquelle il entend, Sa vue avec laquelle il voit et Sa main avec laquelle il saisit et son pied avec lequel il marche ». 'Abd ElWahid Ibn Maymoûn a ajouté d'après Aroua d'après Aïcha, chez Ahmed et El-Bayhaqî dans « Ezzuhd » ceci: « Son coeur avec lequel il comprend et sa langue avec laquelle il parle ».

Dans le hadith de 'Anas, il est dit: « Celui que J'aime, Je serai pour lui une ouïe, une vue et un soutien ». C'est là une métaphore indiquant l'assistance d'Allah au serviteur, Son soutien et Son aide, comme si Allah Se compare, par rapport à Son serviteur, à ses sens, auxquels il a recours.

C'est pour cela qu'il est dit dans une autre version: «Il entendra par Moi, verra par Moi, saisira par Moi et marchera par Moi». C'est la version d'El-Awfl. Le sens est qu'il n'entend que Mon évocation, qu'il ne se réjouit que de la récitation de Mes paroles et de la lecture de Mon Livre, qu'il ne trouve de compagnie que dans Ses prières ferventes, qu'il ne voit que les merveilles de Mon royaume et qu'il ne tend sa main et ne pose son pied que dans ce qui Me satisfait . El-Fâqihâni a rapporté cette version.

Par contre, les partisans du monisme existentiel (ittihadiyya) donnent à ce hadith un sens apparent, en prétendant que la Vérité (Allah) est l'essence de l'être humain, en s'appuyant sur l'exemple de la venue de Gabriel sous la forme de Dahiyya El-Kalbî.

Le cheikh Qutb Eddine El-Qastalâni possède un livre magistral dans la réponse aux partisans de cette thèse (qu'Allah l'en récompense). En outre, selon Abî Uthmân un des imâms des soufis, et d'après ce qu'a rapporté ElBayhaqi, à son sujet, dans «Ezzuhd», ce hadith est expliqué ainsi: «Je serai plus rapide à satisfaire ses besoins que son ouïe lorsqu'elle entend, que sa vue lorsqu'elle voit, que sa main lorsqu'elle saisit et que son pied lorsqu'il marche».

« S'il Me sollicite, Je lui donnerai » ce qu'il demande « et s'il Me demande Mon assistance », Je le protégerai de ce qu'il craint.

Et dans le hadith d'Abû Umâma, chez Ettabarâni et El-Bayhaqî dans « Ezzuhd », il et dit : «Et s'il cherche Mon secours, Je le secourrai ». Et dans le hadith de Hudhaïfa chez Ettabarâni, il et ajouté: «Il sera parmi Mes bien-aimés et Mes élus, et il sera en compagnie des prophètes, des véridiques et des martyrs, dans le paradis ».

«Il n'y a pas de chose que J'hésite à faire, et que Je dois, cependant, faire, que de saisir l'âme de Mon serviteur croyant ». C'est-à-dire que Je n'ai jamais fait hésiter Mes messagers dans une chose que Je dois faire, comme Je les fais hésiter lorsqu'ils vont saisir l'âme du croyant, comme il est rapporté dans l'histoire de Moïse et le coup qu'il porta à l'ange de la mort, dont la venue se succéda auprès de lui. Le Très Haut s'est attribué cette hésitation, car leur hésitation dans l'application de Son ordre fait détester la mort en ce qu'elle recèle comme grandes souffrances.

« Et Moi Je déteste lui faire du tort». El-Djunaïd a dit: «La répugnance de la mort consiste, ici, en ce qu'éprouve le croyant comme souffrances et affres de la mort, et non en ce qu'Allah déteste faire mourir Son serviteur croyant, car la mort le transporte vers la miséricorde d'Allah et Son pardon». Un autre a dit: «Dans la mesure où la séparation de l'âme avec le corps ne se fait qu'avec une immense douleur, et qu'Allah déteste faire du tort au croyant, Il a appelé cela la répugnance de la mort ».

Il se peut aussi que la répugnance à faire du tort a trait à la longue vie, car elle mène à la vieillesse et à la décrépitude ainsi qu'à la dégénérescence; Il y a là une preuve de l'honneur des bien-aimés d'Allah et de la place privilégiée qu'ils occupent au point que si Allah voulait leur épargner la mort qu'Il a imposée à Ses serviteurs, Il le ferait.

C'est en vertu de ce sens qu'est venu le mot hésitation. En outre, lorsque quelqu'un va faire quelque chose d'indispensable pour celui qu'il aime, mais il sait que cette chose va le faire souffrir, s'il pense à sa souffrance, il ne lui fait rien, mais s'il réfléchit sur le fait que cette chose lui est indispensable et plus utile, il le fera. Cet homme se trouve donc dans une hésitation. Et cent ainsi qu'Allah a interpellé les hommes selon ce qu'ils savent et leur a montré la noblesse du rang du saint auprès de Lui.

Le docteur Ibn Taymiyya a dit dans son livre «Madjmu` El-Fatâwi » : « C'est là un noble hadith, le plus noble qui ait été dit sur les caractéristiques des saints ('Awliyya'). Or, ces paroles – celles relatives à l'hésitation – ont été rejetées par un groupe de penseurs musulmans qui ont dit qu'Allah ne peut être décrit par l'hésitation, car seul celui qui ne connaît pas les conséquences des choses peut hésiter; Or, Allah connaît les conséquences des choses.

En vérité, les paroles du Prophète (SAWS) sont véridiques, et il n'y a pas de plus savant au sujet d'Allah que Son messager et de plus éloquent ni de plus clair dans ses propos, dans la communauté, que lui. Et c'est pour cela que ses paroles doivent être préservées des doutes aberrants. Cependant, même si celui parmi nous qui hésite, ne connaît pas les conséquences des choses, les choses avec lesquelles Allah se décrit ne doivent pas s'appliquer à lui, dans la mesure où Allah n'a rien qui Lui ressemble. En outre, les arguments de ce groupe, sont infondés, dans la mesure où l'un de nous hésite, des fois, par ce qu'il ne connaît pas les conséquences des choses, mais des fois, il hésite, parce que la chose qu'il veut faire recèle des avantages et des torts. Il veut la faire donc, en fonction de ses avantages, et il déteste le faire, en même temps, en fonction de ses torts, et non parce qu'il ignore la même chose qui est indispensable, d'un côté, et détestable, de l'autre.

Il en est ainsi du vouloir du malade pour son médicament détestable. Bien plus, tout ce que le serviteur désire comme bonnes oeuvres, alors que son âme les déteste, fait partie de cela. Il est dit dans le Sahîh : « L'Enfer est entouré de plaisirs, alors que le paradis et entouré de désagréments ». Il est dit aussi dans le Coran: « Le djihâd vous a été prescrit, alors qu'il est abhorré pour vous ».

De ce qui précède, apparaît le sens de l'hésitation mentionnée dans le hadith. Allah a dit en effet: «Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi avec des oeuvres surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime ». Ainsi, un homme dont tel et l'état, devient aimé d'Allah, amoureux de Lui; il se rapproche de Lui, d'abord avec les oeuvres obligatoires, qu'Allah aime, puis avec les oeuvres surérogatoires, qu'Il aime et dont Il aime celui qui les fait. Ce serviteur a fait donc tout ce qu'Allah aime et Allah l'a aimé pour avoir fait ce qu'Il aime, ce qui a suscité la convergence des deux volontés, de façon à ce qu'Allah aime ce qu'aime Son bien-aimé et déteste ce qu'il déteste. Cet pourquoi Allah déteste faire du tort à Son serviteur et Son bien-aimé. Cela implique donc qu'Il déteste la mort afin que l'amour de Son bien-aimé soit plus grand.

Or, Allah a décrété la mort pour toutes les créatures, et tout ce qu'Il a décrété, Il le veut donc. Et ceci est inéluctable. Ainsi, Allah veut sa mort en vertu de ce qu'Il a décrété, mais en même temps, Il déteste faire cela pour ne pas faire du tort à Son serviteur, c'est-à-dire le faire souffrir au moment de la mort. La mort est devenue donc désirable pour La Vérité (Allah), d'un côté, et détestable, pour Lui, de l'autre. C'est là la réalité de l'hésitation, à savoir qu'une chose devient désirable d'un côté et détestable de l'autre, bien qu'il soit indispensable de donner la préférence à un côté sur l'autre. Et même si la préférence va vers la volonté de la mort, la répugnance de faire du tort au serviteur existera toujours. De ce fait, Sa volonté de faire mourir le croyant qu'Il aime et dont Il déteste lui faire du tort n'est pas pareille à Sa volonté de faire mourir l'incroyant qu'Il abhorre et à qui Il veut faire du tort».

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /Mai /2007 21:48
Qu’est ce qu’un hadith ?

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Cet article a pour vocation d'apporter une introduction synthétique et succincte sur la définition de ce qu’est un hadith, quelques aperçus de la science islamique dite «du hadith» ainsi que des bienfaits spirituels qu'ils apportent.

Définition

Dans le sens qui nous intéresse, un hadith c’est :

Tout ce qui est rapporté du Prophète (saws) comme paroles, actions, acquiescements, ou caractéristiques (physiques, traits de caractères etc.)

Ces informations forment ce que l’on appelle la sounna. Elles sont la deuxième source de législation dans l’islam après le Coran. Mais contrairement à ce dernier, la question de l’authenticité se pose.


La transmission des hadith et leur intérêt scientifique

Ces hadiths ont en effet été transmis de génération en génération, de maître à élève ou de père en fils. Le travail d’authentification des savants consiste à examiner les chaînes de transmissions (isnad), de type « untel a dit à untel qui a dit à untel… » en procédant à des recherches sur chacun des maillons de cette chaîne. On analysera des facteurs tels que la réputation de piété, d’intelligence, la possibilité géographique ou temporelle d’avoir pu recevoir cette information du précédent maillon et transmis au suivant etc.

Pour montrer à quel point les savants étaient scrupuleux, on peut citer, cette petite histoire de l’imam al Bukhari, qui avait rencontré un rapporteur et l’ayant vu avoir un mauvais comportement avec son âne a décidé de ne pas prendre de ahadith de lui.

Ainsi, en fonction donc des informations procédant de la chaîne de transmission, mais également de la validité de l’énoncé (matn) ainsi que d'autres facteurs on va classer ces hadiths dans différentes catégories. Les grandes catégories sont Sahih (authentique) Hassan (bon) Da’if (faible) et Mawdu’ (forgé) sachant que chacune de ces catégories contient des sous catégories.

Petite parenthèse, il est utile de signaler qu’il y’a des divergences entre les traditionnistes, à la fois sur le statut des transmetteurs et sur la méthode de classification. Ceci entraine inévitablement des divergences sur le statut des ahadiths… Un hadith sahih (authentique) pour l’Imam Muslim peut ne pas l’être pour l’Imam Bukhari, ou un hadith da'if (faible) pour cheikh al Ghumari peut être sahih (authentique) pour as Suyuti… Il ne suffit donc pas toujours qu’un hadith soit déclaré faible pour invalider un avis juridique basé dessus, par exemple.

Selon la catégorie dans laquelle le hadith a été classé, celui ci aura une utilité différente en terme scientifique, dans la science du fiqh ou de la ‘aqida. A titre d'exemple, il est possible de se baser sur un hadith Sahih pour établir un statut juridique (par exemple haram) mais pas sur un hadith faible. Par contre le hadith faible peut être utilisé pour encourager au bien. En effet, il existe par exemple de nombreux hadith faibles très connus sur le mérite des sourates du Coran que l’on trouve dans les livres des savants.

Tout l’intérêt de cette science pour les savants sera donc de proposer aux savants du fiqh le matériel leur permettant d'émettre des avis juridiques et de les peser les uns par rapport aux autres. Par contre il est clair que le simple fait qu’un hadith soit sahih ne suffirait pas à émettre un avis juridique car un hadith authentique peut très bien être par exemple abrogé, ou bien peut être lié à une cause précise qui ne concerne pas tous les musulmans, ou encore il peut être précisé par un autre hadith ou un verset du coran etc.

La science du fiqh est donc nécessaire pour pouvoir appliquer le contenu juridique de la sounna, et celle du hadith l’est pour l’authentification des informations traditionnelles.


Leur bienfaits spirituels et religieux

Puisque tout ce qui vient d’être énoncé procède du travail des savants du hadith (pour l’authentification), et des juristes (pour la déduction de règles juridiques). Mais et nous, les simples musulmans dans tout cela ? A quoi nous servent les ahadiths ?

Leurs bienfaits sont multiples, mais nous allons nous contenter dans le cadre de cette introduction d’en mentionner deux qui procèdent de la même source

La connaissance générale et la sagesse de l'islam

La deuxième chose profitable est le fait que la lecture des ahadiths augmente notre connaissance générale sur la religion, notre culture islamique dirons nous. Si nous n’employons pas le mot « science » c’est parce qu'à notre niveau, comme nous l’avons dit, nous ne pouvons ni authentifier les ahadith, ni en déduire des règles juridiques, ni des articles de foi, ni quoi que ce soit de scientifique.

Par contre, à la lecture des ahadith que nous trouvons dans des livres dédiés qui nous sont destinés, nous en apprenons plus sur notre religion en général. Celà nous aide à aiguiser notre curiosité, puis à puiser dans les travaux des savants, leurs explications, leurs déductions, dans le but de mettre en application ce dont nous avons pris connaissance.

L’Imam al-Qarafi a dit :

"Et prenez garde à ne pas agir comme certains étudiants le font quand ils raisonnent directement a partir d’un hadith, alors qu’ils ne savent même pas son authenticité, et laissant de coté ce qui a été mentionné [par les Imams] concernant les subtilités qu’ils impliquent ; en faisant cela, ils se sont égarés et ont égarés d’autres avec eux."

Ils contiennent également une sagesse inépuisable qui peut nous aider à faire face aux problèmes que nous rencontrons tous les jours, et nous aider à mieux communiquer l’islam par notre comportement et nos paroles.

Les 40 hadith de l’imam an Nawawi sont de très bons exemples à cet égard : ils ne concernent pas le juridique mais ils concernent la religion en général et ils sont un bienfaits pour le chercheur de vérité.

Un outil d’éducation spirituel

La lecture et la méditation des ahadith authentiques nous aide à établir une connection directe et inaltéré du Prophète (saws), c'est à dire à mieux le connaître et à mieux l’aimer à travers ses paroles. Ibn Arabi dit en effet que l’amour véritable naît de l’audition des propos de la personne, et non de la vision. Et en l’occurrence, nous serions étonné tant par leur contenu que par leur forme.

Wahb Ibn Munabbih disait par exemple à propos de son éloquence :

J’ai lu soixante et onze livres où il est écrit que le Prophète, est, de tous les hommes, celui qui a l’esprit le plus équilibré et le meilleur avis. J’ai trouvé dans tous ces ouvrages que Dieu (qu’Il soit exalté) a accordé à l’ensemble des hommes en matière de raison, par rapport à l’entendement du Prophète, depuis la création du monde et jusqu’à son achèvement, seulement l'équivalent d’un grain de sable par rapport au sable du bas monde.

On trouvera de nombreuses informations relatives à l’étonnante éloquence de notre Prophète bien aimé dans le
Kitab as Chifa’ du qadhi ‘Iyad.

De plus ces hadith peuvent nous aider dans une certaine mesure à établir un lien spirituel, de cœur à cœur avec le Prophète (saws) car les paroles d’un prophète ont un effet purifiant sur l’esprit et sur le cœur. N’oublions pas que parmi nous il y’a forcement quelqu'un qui s’est intéressé à l’islam ou à sa pratique après avoir entendu une parole du Messager d’ Allah qui a touché son cœur…

A propos de l’effet actif des paroles du Messager d’Allah citons cette histoire à propos de Sayyiduna ‘Umar ibn al Khattab raa qui s’adressa au Prophète en ces termes : "Vous m'êtes plus cher, O Messager d'Allah, que tout ce que je possède sauf ma propre personne qui est en moi". Le Prophète (saws) a répondu : "tu ne seras pas un vrai croyant tant que je ne suis plus cher pour toi que ta propre personne" ‘Umar a dit : "par Celui qui vous a révélé le Livre, vous m'êtes plus cher que ma propre personne". Le Prophète (saws) lui dit alors : "Maintenant, ta foi est complète".

On peut voir par cette anecdote qu’il a suffit d’une seule parole du Messager d’Allah (saws) pour élever sayyidna ‘Omar d’un état à un autre, d’une compréhension de l’essence même de sa foi à une autre.

Par ailleurs, les paroles prophétiques ont des niveaux d’interprétation vastes et nombreux et le croyant, à mesure qu’il progresse dans les étapes de la foi, leur trouvera une saveur nouvelle et un sens différent. Les maîtres spirituels de toutes les époques ont par conséquent recommandé leur lecture et commenté longuement leurs sens profond.

Mais il faut ajouter que bien évidement, à notre niveau, entendre la parole ne suffit pas sans un travail intérieur pour s’améliorer et se réformer, et si les ahadith sont un bon outil d’éducation spirituelle, ils ne s’y substituent pas pour autant.


Quelques livres

Pour finir, nous conseillerons quelques livres en français de la catégorie que nous venons d’évoquer: utiles à tout musulman.

  • Les 40 hadiths de an Nawawi dont est tiré le hadith de Jibril, un livre essentiel et reconnu.

  • Riyadussalihin (les jardins des vertueux) de an Nawawi encore, un livre véritablement pensé pour tout un chacun, ce sont des hadith qui ont pour vocation de nous orienter vers la piété en nous recommandant le bien et en nous déconseillant le mal. Ce livre devrait être dans toutes les bibliothèques, ou plutôt, sur toutes les tables de chevet.

  • Dans un sens plus large mais tout aussi profitable : Sagesses Musulmanes de ibn Hajar al Asqalani , livre contenant des hadith prophétiques, mais aussi des paroles des compagnon, des anciens (salaf), et des maîtres spirituels.

  • Comme livre sur la science du hadith on ne peut que recommander le Précis des sciences du hadith de Mahmoud at Tahhan qui est simple et bien expliqué.

  • Enfin pour les livres de hadith réservés à des lecteurs plus avertis en terme de science, on peut citer al muwatta de l’imam Malik (ouvrage consacré principalement au fiqh), et les deux sahih, sahih Bukhari et sahih Muslim.



Et Allah est le plus savant.

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /Oct /2006 15:46

Commentaire du Hadith Qudsi

sur les mérites du jeune.

 

 

Rapporté par El-Bukhâri, dans le livre du jeûne, chapitre sur le mérite du jeûne.

 

 

`Abdullah Ibn Maslama nous a rapporté d'après Mâlik, d'après Abî Ezzan­nâd, d'après El-A'redj, d'après Abî Huraïra  qui a dit:

 

 

 « Le Messager d'Al­lah (SallAllahu ‘alaihi wa salam) a dit: « Le jeûne est un refuge (contre l'Enfer). Aussi, lorsque l'un de vous est en état de jeûne, qu'il s'abstienne de se comporter avec grossièreté et ignorance, et si quelqu'un l'agresse ou l'insulte, qu'il dise : «Je suis en état de jeûne », en répétant cela deux fois. Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, l'odeur qui sort de la bouche du jeûneur est plus agréable à Allah que l'odeur du musc. Allah dira: «Mon serviteur a laissé sa nourriture, sa bois­son, et son plaisir à cause de Moi! Le jeûne M'appartient et c'est Moi qui le récompense. La bonne action vaudra dix de semblable ».

 

 

El-Bukhâri l'a rapporté aussi dans le livre de l'habillement, chapitre sur ce qui est dit sur le musc.

 

Commentaire de Ibn Hajar al Asqalani :

 

 

La parole : « Le jeûne est un refuge », c'est-à-dire qu'il est un voile et une prévention contre les péchés, car il annihile les passions et les affaiblit. Il a été dit aussi qu'il est un refuge contre l'Enfer, comme il est rapporté dans certaines versions d'Ettermidhî où il et dit : «Le jeûne est un refuge contre le feu ». En effet, le feu est entouré de plaisirs. Il en est ainsi chez Sa`îd Ibn Mansoûr. De son côté, Ahmed a rapporté d'après le hadith d'Abû `Obeïda Ibn El-Djerrâh que le Prophète a dit: «Le jeûne est un refuge tant que le jeûneur ne le transgresse pas ». Eddârimî a ajouté: «Tant qu'il ne le transgresse pas avec la médisance ».

 

El-Qastalâni a dit: «Il y a dans ce hadith une concordance entre les deux choses, dans la mesure où lorsque le jeûneur s'abstient de faire des péchés en ce bas monde, son jeûne sera un refuge pour lui contre le feu dans l'au-delà ».

 

Sa parole: « Qu'il s'abstienne de se comporter avec grossièreté et igno­rance », c’est-à-dire qu'il doit éviter de dire des paroles immorales et de se comporter comme un ignorant avec les gens en leur faisant du tort et en se comportant avec eux en insolent.

 

Chez Sa`îd Ibn Mansoûr, il est dit: «Qu'il s'abstienne de se comporter avec grossièreté et de polémiquer avec les gens ». Certes, cela est interdit dans l'absolu, c'est-à-dire durant le mois de jeûne et en dehors de ce mois, mais il est plus interdit encore durant ce mois, car il est en état d'adoration du Seigneur, par son jeûne et, de ce fait, la désobéissance ne lui sied pas.

 

Sa parole : « Et si quelqu'un l'agresse ou l'insulte». `Iyyâdh a dit: «C'est dire qu'il lui conteste quelque chose ou porte la main sur lui».

 

« Qu'il lui dise: «Je suis en état de jeûne », par deux fois ». Il doit dire cela avec sa bouche, comme l'a soutenu Ennawaoui dans «les Adhkâr » ou avec son coeur comme l'a soutenu El-Mutawalli et rapporté Errâfi'ï d'après les imâms.

 

Et sa parole : «Par Celui qui tient mon âme dans Sa main ! L'odeur qui sort de la bouche du jeûneur... ». Il s'agit du changement de l'haleine du jeûneur, à cause de l'absence de nourriture dans son estomac.

 

« Est plus agréable, aux yeux d'Allah, à l'odeur du musc». Dans la version de Moslem, il est dit : «Plus agréable, aux yeux d'Allah, au Jour de la résurrection ». Une divergence est apparue, dès lors, entre Ibn Essalâh et Ibn Abdussalâm concernant l'odeur qui sort de la bouche du jeûneur, si cela a lieu en ce bas monde ou dans l'au-delà? Ibn Abdussalâm a soutenu que cela aura lieu au Jour de la résurrection en s'appuyant sur les versions de Mos­lem et d'Ennisâ'î.

 

 

En effet, Abû Echeïkh a rapporté avec une chaîne de transmission faible, d'après 'Anas que le Prophète (sallAllahu ‘allaihi wa salam) a dit: «Les jeûneurs sortiront de leurs tom­beaux, et seront connus par l'odeur qui sort de leurs bouches; leurs bouches seront plus agréables, aux yeux d'Allah, que l'odeur du musc ».

 

Quant à Ibn Essalâh, il a soutenu que cela a lieu en ce bas monde, en s'ap­puyant sur le hadith de Djâbir qui dit: «L'odeur qui sort de leurs bouches, lors­qu'ils arrivent au soir, est plus agréable, aux yeux d'Allah, que l'odeur du musc».

 

Ce hadith a suscité des interrogations dans la mesure où Allah est exempt des attributs accidentels comme l'odorat et autres, mais il a été répondu que cela fait partie des métaphores qui servent à rapprocher le sens.

 

Il a été dit aussi qu'Allah les rétribuera, dans l'au-delà, de façon à ce que la saveur de cette rétribution soit plus agréable que l'odeur du musc chez nous.

 

El-Qastalâni a dit ensuite : « Si tu dis : pourquoi l'odeur qui sort de la bou­che du jeûneur et-elle plus agréable que l'odeur du musc, alors que le sang du martyr est pareil à l'odeur du musc, avec tout ce que cela suppose comme risques pour la personne de celui qui meurt en martyr? Je te répondrais ainsi: l'effet du jeûne a plus agréable que l'effet du djihâd, parce que le jeûne et un des fondements de l'Islam indiqués dans le hadith: «L'Islam et bâti sur cinq fondements ». En outre, le djihâd est une obligation qui n'et pas individuelle, mais peut être faite par certains en dehors des autres, tandis que le jeûne est une obligation individuelle. Or, l'obligation indi­viduelle est meilleure que l'obligation communautaire, comme l'a soutenu Echâfi'i: (qu'Allah lui accorde Sa miséricorde).

 

 

L'imâm Ahmed (qu'Allah lui accorde Sa miséricorde) a rapporté dans son Musned que le Prophète (sallAllahu ‘allaihi wa salam) - a dit: «Du dinâr que tu dépenses au service d'Allah et du dinâr que tu dépenses au service de ta famille, celui que tu dépenses au service de ta famille est le meilleur».

 

 

Il ressort de ce hadith, que les dépenses au profit de la famille qui sont une obligation individuelle, sont meilleures que les dépenses au profit d'Allah, à savoir le djihâd, qui est une obligation qui peut être faite par certains en dehors des autres.

 

 

Ceci ne s'oppose en rien à ce qu'a rapporté Abû Dâoud Ettayalisî d'après le hadith d'Abî Qatâda qui dit: «Le Prophète (sallAllahu ‘alaihi wa salam) a fait un prêche et il a parlé du djihâd et de sa préférence sur toutes les oeuvres, sauf les oeuvres prescrites ».

 

 

Il se peut, certes, que ce prêche ait été fait avant l'imposition du jeûne en tant qu'obligation. En effet, le Prophète a dit à l'homme qui l'avait interrogé sur la meilleure des oeuvres: «Pratique le jeûne, car il n'a pas de pareil». Et sa parole : «Le jeûne M'appartient», c'est-à-dire que le jeûneur n'a aucune part dans son jeûne, que ce soit par ostentation ou autres, ou que son jeûne et consacré exclusivement à Moi, car il n'adore pas avec lui un autre que Lui, ou bien que son jeûne et un secret, entre lui et Moi, et il le fait avec dévouement pour Moi. «Et c'est Moi qui le rétribue», c'est-à-dire qui rétribue celui qui le pratique. Or, lorsque le Généreux s'occupe personnellement d'une récom­pense, c'est la preuve que cette récompense sera considérable et énorme. C'est la preuve que cette récompense sera multipliée sans calcul ni nombre. « La bonne action vaudra dix de semblable» et, dans d'autres versions: «Jusqu'à sept cents fois de plus ».

 

 

Les savants sont unanimes sur le fait que le jeûneur concerne ici celui dont le jeûne et exempt de tout péché.

 

 

C'est pour cela qu'il a dit: «Le jeûneur aura deux joies: une joie lorsqu'il rompra son jeûne » et cette joie sera pour son âme bestiale « et une joie lors­qu'il rencontrera son Seigneur », et cette joie sera pour son âme humaine supérieure [Seigneuriale]. Le jeûne lui a fait gagner donc la rencontre de son Seigneur, à savoir Sa vue ». Fin de citation d'El-Qastalâni.

 

Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /Juil /2006 00:43

Les trois choses de ce monde...




Le Prophète ( ) a dit :

« Parmi les biens de votre monde, il m'a été donné d'aimer trois choses : le parfum, les femmes et – la fraîcheur de mes yeux – la prière. »

Ce faisant, ses Compagnons étaient assis près de lui.

Abû Bakr dit alors : " Tu as dit vrai, ô Messager d'Allâh ! Quant à moi, parmi les biens de ce monde, il m'a été donné d'aimer trois choses : contempler le visage du Messager d'Allâh , dépenser ma fortune pour la cause du Messager d'Allâh et que ma fille [ Âïsha] soit l'épouse du Messager d'Allâh . "

'Umar
dit : " Tu as dit vrai, ô Abû Bakr ! Quant à moi, parmi les biens de ce monde, il m'a été donné çl'aimer trois choses : ordonner le bien, interdire le mal et porter de vieux habits. "

'Uthmân dit à son tour : " Tu as dit vrai, ô `Umar ! Quant à moi, parmi les biens de ce monde, il m'a été donné d'aimer trois choses : rassasier celui qui a faim, habiller le dévêtu et lire le Coran. "

'Alî dit alors : " Tu as dit vrai, ô 'Uthmân ! Quant à moi, parmi les biens de ce monde, il m'a été donné d'aimer trois choses : être au service de l'invité, jeûner en été et frapper de l'épée. "

Sur ces entrefaites, Jibrâ'îl ('alaihi salam) vint les rejoindre et dit : " Allâh le Très-Haut m'envoie auprès de toi [Muhammad] et t'enjoint de m'interroger sur mes préférences, si j'avais été des gens de ce monde. "
[Muhammad] lui demanda : " Quels sont ceux, parmi les biens de ce monde, que tu aimes le plus ? "
Il répondit : " Ramener les égarés sur le droit chemin, fréquenter les dévots esseulés et aider les familles en difficultés. "


[Jibrâ'îl] ajouta : " Quant à Allâh le Maître de la Puissance et de la Majesté, Il aime trois choses chez Son serviteur : qu'il donne de ce qu'il peut, qu'il pleure quand il regrette et qu'il soit endurant dans la pauvreté". »


(Cité par Ibn Hajar al Asqalani dans son Livre des Prédispositions au Jour Dernier.)
Par 'Abd al Batin - Publié dans : La Sunnah (Sirah,Hadith...)
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